EDITO: Cybercriminels arrêtés Vraiment de Daesh ?

La Brigade Criminelle d’Anosy a annoncé hier l’arrestation de trois individus membres de Daesh, lesquels ont agi au moyen de mails électroniques. Le mode opératoire : à partir de cybercafés de la capitale, ils envoient des mails à des compagnies aériennes à l’étranger. Dans ces messages, ils annoncent qu’ils vont  faire sauter des avions de ces  compagnies à l’explosif, si on ne leur remettait pas telle somme d’argent. Ils signent  Daesh et agrémentent la missive de formules islamiques ou arabes. Les compagnies ont localisé l’endroit d’où provenaient ces mails, et ont avisé les autorités malgaches. Les spécialistes en cybercriminalité de la Brigade Criminelle ont remonté ces communications, et ont filé une vingtaine de suspects. Au terme des recherches, trois personnes ont été surprises en flagrant délit dans un cybercafé, devant l’ordinateur. La boîte à messages ayant été consultée, la culpabilité de ces trois personnes a été mise en évidence.

On félicitera la Brigade Criminelle d’Anosy, notamment la section Cybercriminalité, qui a fait montre de compétence et de perspicacité. De toute évidence, les stages et formations suivis au pays et surtout à l’étranger ont porté leurs fruits, et ont beaucoup rehaussé la  capacité des enquêteurs. Ces derniers sont aptes à tracer les communications et connexions électroniques et à remonter jusqu’aux expéditeurs. On notera néanmoins un fait : les trois coupables ne sont pas forcément des membres ou des sympathisants de Daesh. Ce sont probablement des petits malins qui signent Daesh pour donner du poids à leur chantage. Et pour inciter les compagnies aériennes à débourser plus sûrement. Avec l’expansion du chômage dans l’île et la montée des difficultés de la vie quotidienne, les gens sont contraints d’inventer et d’imaginer pour subsister. Daesh, on le sait, tire surtout ses revenus du pétrole, du gaz et du phosphate extraits dans les territoires qu’il occupe. Il spécule ensuite sur les marchés boursiers du Proche Orient. Accessoirement, il se livre au trafic des pièces d’antiquités, de cigarettes et  de  drogue. On a du mal à croire que cette entité riche en milliards de dollars s’adonne à un chantage sur les compagnies aériennes à partir de Madagascar. Il reste que les menaces proférées au moyen de mails tombent sous le coup de la loi, et méritent une sanction. La Brigade Criminelle fait donc bien de sévir…

A.R.

Ajouter un Commentaire