EDITO: Elle sort le nom d’Hitler…
Outrée au plus haut point par les brutalités et exactions commises par des éléments de la Police à son domicile de la cité des 67 Hectares, la députée Rahantanirina Lalao dite Nina a sorti le nom d’Hitler. Selon elle en effet, l’actuel régime ressemble à celui d’Hitler « car emploie de façon excessive la force pour opprimer la population ». Un emportement compréhensible car les policiers se sont livrés à des violences exagérées contre les occupants de la maison, puis ont raflé certains effets, articles et sommes d’argent. Signalons qu’accusés contre toute attente d’ « agression contre agents des forces de l’ordre », les quatre occupants de la maison tabassés et blessés sont actuellement incarcérés à la prison d’Antanimora.
En tout cas à l’étranger, les politiques se gardent de citer le nom d’Hitler de crainte d’être poursuivis pour insulte ou outrage. Le chef du IIIème Reich s’étant adonné à des crimes abominables, dont l’extermination des Juifs, une comparaison avec sa personne peut être qualifiée d’injurieuse ou d’outrageante. En Europe d’ailleurs, l’utilisation de la croix gammée, symbole du nazisme, est interdite. Sauf dans certaines circonstances bien déterminées, comme le tournage de films historiques ou les représentations théâtrales ou artistiques. En tout cas, l’Europe, gravement affectée par les méfaits du nazisme, s’est dotée d’une panoplie de lois pou diaboliser le phénomène et s’opposer à son retour : lois contre les symboles nazis, contre le négationnisme, contre l’apologie de crime contre l’humanité, contre la provocation raciste , etc. Madagascar, à l’écart du phénomène nazi, ne peut faire valoir que des dispositions légales désuètes, contre la diffamation, contre les expressions injurieuses ou outrageantes etc.
Signalons néanmoins que Rahantanirina Lalao, qui n’a fait qu’un rapprochement entre les pratiques de l’actuel régime et celles des nazis, n’a proféré aucun propos injurieux. Si elle avait qualifié le chef de l’Etat de Hitler, elle aurait pu être attaquée en justice pour « outrage à chef de l’Etat ». Mais faute de dispositions précises sur le sujet dans nos lois (surtout sur la « qualité » de Hitler), l’outrage, l’injure ou l’insulte sont laissés à l’appréciation des juges.
A.R.