Au sud-ouest de Madagascar: Femmes des mines de la survie

Tout récemment, la situation de la femme dans l’extraction du saphir dans le sud-ouest de Madagascar a été débattue dans les locaux du Bureau Régional de l’Organisation Internationale de la Francophonie pour l'océan Indien à Antaninarenina. Svenja Brachmann, conseillère technique au Programme d’Appui à la Gestion de l’Environnement (PAGE) de la GIZ, Lynda Lawson, chercheuse à l’université de Queensland en Australie et Charles Lawson, gemmologue auprès de la GIZ ont assuré les interventions.

Et rapporte les données de l’OIF : « Ici à Madagascar, on estime qu’il y a probablement 500 000 jusqu’à 1 000 000 de personnes qui travaillent directement dans le secteur, et que 50 % sont des femmes», a avancé Svenja Brachmann. C’est dire du rôle, encore peu connu, de la femme dans les carrières comme Ilakaka, dans le sud du pays. Lynda Lawson a défini trois catégories d'actrices: « Il y a les femmes qui utilisent des stratégies de subsistance hybride, les femmes migrantes et itinérantes - les plus vulnérables selon la chercheuse -, et enfin les femmes commerçantes ». Ces chiffres suffisent à comprendre que la femme est un pilier de l’extraction artisanale, mais surtout elles sont exposées à des conditions inhumaines: Insécurité, exploitation humaine, abandon, … La chercheuse a cité des cas de mère avec deux enfants abandonnée à son sort par son mari. Lynda Lawson a passé plusieurs mois auprès de ces femmes. Les témoignages sont poignants pour cette quête d’un caillou que « Dieu ne m’a pas encore accordé », comme l’a annoncé l’une des mineurs. Quant à Charles Lawson, il a évoqué la série de formations initiée par le GIZ pour apporter le savoir-faire nécessaire aux femmes et aux mineurs de la région pour qu’ils puissent rentabiliser au mieux leur travail. Un petit pas mais dont l’écho commence à soulever l’intérêt des mineurs d’Ilakaka et des environs, surtout celui des femmes. Cette conférence proposée par le Conseil National d’Orientation de l'Organisation du XVIème Sommet de la Francophonie et le Conseil National des Femmes de Madagascar (CNFM) a été une enrichissante initiative.

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