Recensement démographique: Un retard de plusieurs décennies

Le Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH) devrait être enclenché dans le courant de ce second semestre 2016. Il aurait dû être effectué sous la transition. Des travaux préalables y afférents dont le recensement censitaire ont été déjà menés, notamment par l’Institut national de la statistique (INSTAT). Mais pour des raisons politiques et électorales, le RGPH a été reporté. Des sources près du dossier ont avancé à l’époque que les autorités de la transition ont craint des divergences de statistiques entre le recensement électoral et le RGPH. Ces divergences auraient pu poser des problèmes, notamment vis-à-vis de l’opinion publique, des électeurs et des différents acteurs des élections dont les observateurs tant nationaux qu’internationaux. Comme quoi, si l’INSTAT, malgré son manque de moyens, fait son travail selon les normes scientifiques requises, le recensement électoral est loin d’atteindre un tel niveau. D’ailleurs, il est toujours source de polémiques et autres controverses. Et c’est pour cautionner ce problème structurel que les autorités de la transition ont reporté le RGPH. Or, ce recensement général a déjà pris près d’un quart de siècle de retard.

En effet, il devrait être mené tous les 10 ans pour fournir des statistiques à jour et fiables aux différents responsables étatiques, aux partenaires techniques et financiers et aux différents acteurs du développement. Sans cela, toutes les politiques générales et sectorielles ainsi que les programmes et stratégies qui les accompagnent risquent d’être faussés. Le dernier RGPH date de 1993. Il a donc fallu attendre 23 ans pour mener le suivant. Ce qui signifie que les politiques et les autres cadres de référence pour la croissance et le développement élaborés depuis 2003 l’ont dû être avec des extrapolations, notamment en termes de statistiques. Et comme on le sait, les extrapolations sont sujettes à des erreurs. Si l’on prend l’exemple de l’agriculture ou de la pêche, il n’est pas rare de rencontrer des chiffres divergents lorsque ceux-ci émanent de différentes entités tant régionales que nationales ou encore internationales. Une telle situation ne peut que fausser l’appréciation des situations où des statistiques entrent en ligne en compte.

Ce qui signifie que les politiques de développement sont plus ou moins élaborées avec des outils erronés. Ce n’est donc pas étonnant si elles ne produisent pas les résultats escomptés. Pour le prochain recensement national, des tests ont été enclenchés depuis août dernier et ils sont pévus s’étaler sur 3 semaines. Ils permettent d’expérimenter en grandeur nature les outils à utiliser pour dénombrer les habitants et les habitats. Pour ce projet pilote, 5 zones différentes dont le troisième arrondissement de la capitale ont été choisies. En attendant, la population malagasy est estimée entre 23 et 25 millions de personnes. Comme quoi, l’effectif de la population est bien modeste par rapport à la superficie du pays. Mais il est difficile de les nourrir et d’eaméliorer leurs conditions de vie et leur bien-être à cause de la mauvaise gouvernance des régimes successifs. Voilà pourquoi, la croissance économique atteint à peine celle de la démographie et ne peut donc pas contribuer au développement de la population.

Fanjanarivo

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