Paiements numériques: Un moyen de booster les recettes fiscales

Augmenter le revenu du secteur du tourisme de plus de 40% en réduisant les fuites de capitaux dûes aux paiements en espèces, surtout les frais d’entrée dans les réserves naturelles. Réduire les inefficacités bureaucratiques en raccourcissant les délais d’autorisation douanière pour les importations de 9 jours à moins d’une journée… Ce sont autant d’avantages récoltés par la Tanzanie grâce à l’essor des paiements numériques qui concernent tout autant les entreprises que les citoyens. L’exemple tanzanien a fait récemment l’objet d’une étude des Nations-unies. Il mérite d’être étudié. A Madagascar, la dématérialisation des démarches administratives concerne notamment les procédures et les paiements au niveau de la douane, ainsi que le paiement de certaines taxes émanant des grandes entreprises. Elle contribue déjà à améliorer le dédouanement. Mais si l’on étend cette approche à d’autres secteurs socioéconomiques comme l’éducation, la santé, les droits pour obtenir les différents permis et autorisations, le pays devrait en récolter des bénéfices multiples. Elle améliorera la transparence via une preuve électronique de paiement à fournir aux contribuables. Par la même occasion, elle aidera ces derniers à éviter les intermédiaires et autres escrocs.

Pour la Tanzanie, les paiements numériques pourraient augmenter les recettes fiscales de près de 500 millions de dollars par an selon l’étude onusienne. Mieux, ils devraient beaucoup contribuer à la modernisation de l’économie de ce pays subsaharien. Sur la Grande Ile, le mobile money commence à prendre de l’essor et devrait booster le secteur des paiements numériques. C’est un moyen de développer ce type de paiement au niveau de l’administration. Certes, cette option se fait déjà pour les paiements des factures de la Jirama par exemple, mais elle devrait toucher d’autres services publics. Rappelons que tous les ans, plus de 600 000 nouveaux comptes de mobile money sont ouverts à Madagascar selon le données du Projet d’appui aux services financiers (PASEF). C’est déjà un bon départ pour développer les paiements numériques, d’autant que les comptes actifs se rapprochent du quart des comptes ouverts, soit 21,6%. De plus, 42% des Malagasy ont accès à la téléphonie mobile.

Ce sont autant de facteurs qui devraient aider le pays à développer le mobile money et donc les paiements numériques. Par la même occasion, si ces paiements sont en hausse et concernent l’administration, il est tout à fait possible d’augmenter, par exemple, la part des recettes fiscales dans le PIB. Madagascar peine beaucoup à afficher un taux de 12% et la Tanzanie est dans le même cas en enregistrant ce taux-là. Les paiements numériques dont celui de la TVA lui permettent de changer la donne. L’exemple tanzanien est à étudier d’autant qu’il fournit les solutions aux différents obstacles liés aux paiements numériques. Au lieu de gaspiller les deniers publics dans des rencontres et sommets internationaux à impacts quasi-nuls pour la population, les dirigeants malagasy devraient faire du benchmarking auprès des pays en développement dont certaines options socioéconomiques produisent des bons résultats. A part la Tanzanie, d’autres pays africains se lancent dans la numérisation des paiements. Citons le Kenya qui adopte la déclaration d’impôts électroniques, l’Ouganda qui a mis en place un système automatisé de collecte des impôts ayant permis d’augmenter de 167% les recettes sur une année. Il y a aussi le Rwanda qui a initié les paiements électroniques de la TVA qui concernent maintenant près de 80% des PME.

Recueillis par Fanjanarivo

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