Terreur à Fianarantsoa: L’escadron de la mort attaque ?
Surprise stupéfaction hier dans la capitale du Betsileo hier. Un groupe d’adhérents à l’association MMF réuni en plein jour dans un établissement privé avait fait l’objet d’une agression en règle par des individus en civil à visage découvert. Le plus étrange est que parmi les assaillants les observateurs avaient remarqué la présence de deux gendarmes en uniforme.
Comme les victimes étaient connus pour leur opinion politique proche de l’opposition, l’incident n’est pas passé inaperçu et avait soulevé une vague d’indignation à Fianarantsoa. Le mobile des assaillants était clair. Il s’agissait en tout et pour tout d’une opération de brutalités destinée à intimider et à dissuader les personnes désireuses de rejoindre les rangs de ces contestataires qui ne se cachent plus pour manifester leurs critiques légitimes envers le régime en place dans un esprit démocratique cautionné par la constitution en son article 10 qui stipule sans aucune ambiguïté que « Les libertés d'opinion et d'expression, de communication, de presse, d'association, de réunion, de circulation, de conscience et de religion sont garanties à tous et ne peuvent être limitées que par le respect des libertés et droits d'autrui, et par l'impératif de sauvegarde de l'ordre public, de la dignité nationale et de la sécurité de l’Etat. »
Hier, la réunion hebdomadaire des membres du mouvement MAPAR devait avoir lieu dans une grande salle du Lycée Technique privée Atrika à Beravina. Des nouveaux militants du mouvement MMF de la localité se trouvaient aussi dans la salle pour mettre en place les dirigeants de cellules de base dans la Fokotany. Nos sources rapportent avoir identifié les nommés Golo, Jores, Bekamisy, Penita et d’autres complices. Ils étaient au nombre de 10 et 2 gendarmes en uniformes les accompagnaient. Avec violence, ils se mirent à tabasser les personnes présentes. Bilan de l’incident : le nommé Raharison Benjamin, ancien Chef de Région est porté disparu et aurait été enlevé par le groupe de gros bras et des blessés conduits à l’Hôpital pour recevoir des soins. Parmi les blessés, il y avait le pasteur Vaohavy qui avait participé à la réunion.
Il est inadmissible que des agissements dignes de miliciens et de véritables voyous se passent sans que les autorités réagissent. Ou serait-ce par parce que ces hommes de main bénéficient de l’aval occulte de certaines personnalités qui craignent que le mouvement d’indignation prenne de l’ampleur et ne menace leur confort despotique.
Razafilahy