Riziculture/Variété Nerica: Plus de 1 000 paysans l’adoptent grâce à Nestlé
Le projet «Voly vary» ou projet de riziculture initié par la société agroalimentaire Nestlé enregistre maintenant plus de 1 000 paysans ayant adopté la variété Nerica ou « New rice for Africa ». Développée par le Centre du riz pour l’Afrique, cette variété, fruit d’un croisement entre des riz africain et asiatique, a été conçue pour le continent. Déclinée en variété pluviale et irriguée, elle a un rendement élevé et des faibles exigences. Lancé en octobre 2012 à Anjepy dans le district de Manjakandriana, le Nerica y a été cultivé en phase d’expérimentation et le bilan est satisfaisant. En effet, plus de 50 paysans ont été formés pour la production de semences. Un réseau de producteurs de semences a été mis en place dans le Moyen-Ouest pour pérenniser les résultats. Et pour cette campagne 2016-2017, il a produit plus de 7 tonnes de semences de Nerica pluvial et irrigué. D’après l’ingénieur agronome du projet, Andry Jeda Tsiafaradia, la quantité de semences obtenue dans la zone d’Ambatondrazaka et de Betafo lors de la phase expérimentale permet d’ailleurs d’aller de l’avant. Elle assure l’autosuffisance en semences et la diffusion de ces variétés. De plus, celles-ci sont adaptées aux conditions agro-écologiques locales. Elles résistent aux aléas climatiques, aux mauvaises herbes et au stress hydrique.
A travers ce projet, Nestlé et ses partenaires ont pour objectif de participer à une meilleure production rizicole des zones concernées et donc à la sécurité alimentaire des populations. Outre la production de semences, le projet a permis de renforcer les capacités des producteurs et d’initier des mesures d’accom-
pagnement. L’idée est de les rendre plus autonomes. En attendant, les essais de culture menés à Ambatondrazaka et à Tsiroanomandidy ont permis d’afficher des bons résultats assortis de rendements allant de 4 à 8 tonnes par hectare, si la moyenne nationale est de 2,5 tonnes. De quoi améliorer les revenus des paysans. Notons aussi que le Nerica a un cycle de croissance rapide. Avec ces variétés, les paysans peuvent étoffer leur portefeuille variétal. Sur le plan national, le Centre de recherche nationale appliquée au développement rural (Fofifa) a développé en 2014 une nouvelle variété et l’année d’avant, il en a développé 9 autres, sans parler de ce que l’on peut trouver dans sa riche collection variétale.
Comme quoi, le pays dispose de toutes sortes de semences adaptées à différentes conditions agro-écologiques. La question se pose souvent au niveau de la production à l’échelle commerciale et de la diffusion des semences. Nestlé, première entreprise agroalimentaire mondiale en 2015 avec un chiffre d’affaires de
100 milliards de dollars, contribue à remédier à ce problème. Notons qu’à Madagascar, le riz occupe une place prépondérante dans la consommation humaine avec une moyenne annuelle moyenne de 118 kg par habitant en milieu urbain et de 138 kg dans les zones rurales. Le projet de Nestlé initié en partie sur les hautes terres répond aux réalités locales puisque ces régions produisent 36% du riz du pays. Elles sont les plus denses en termes de démographie et cette situation limite l’expansion de la riziculture, notamment irriguée. L’introduction de nouvelles variétés répondant à ces différents facteurs est la bienvenue.