EDITO: La pauvreté, cette maladie incurable
Le pouvoir exécutif et le pouvoir législatif, avec l’appui de la fonction juridictionnelle, se sont empressés de faire voter le Code de La Communication médiatisée. Ils ont jeté toutes leurs forces dans la bataille comme s’il s’agissait de la panacée à tous les maux socioéconomiques. Est-ce que cela a fait avancer le pays ? Pas du tout, surtout lorsqu’on constate la hausse de l’inflation, de l’insécurité et du chômage ainsi que la baisse des investissements, sans oublier la recrudescence des délestages. Au lieu de lutter frontalement contre ces problèmes concrets, le régime a préféré s’attaquer aux journalistes et lanceurs d’alertes qui dénonçaient son inaction irresponsable.
Après avoir placé les médias sous contrôle, les hautes personnalités du régime sont sans doute épargnées par certains scandales mais le scandale de la misère économique et sociale, méchante comme une teigne, demeure. Il est inexact de dire que la misère demeure. Elle s’amplifie. Contrairement à ceux qui vivent dans le luxe et pour le luxe, ceux qui côtoient la misère au quotidien n’ont pas besoin qu’on leur apporte les preuves de la paupérisation.
Nombreux sont nos concitoyens qui naissent dans la pauvreté, vivent dans la misère et meurent dans le dénuement total. Pour démontrer que Hery Rajaonarimampianina ne s’est pas trompé de combat et qu’il détient les solutions, ses partisans vont tout faire pour assurer sa réélection, mais la population est déçue et ne sait plus à quel saint se vouer. A ce sujet, conscients de cette misère profonde et croissante, les hommes d’église ont tiré en vain la sonnette d’alarme. On relira avec intérêt, cet extrait des Illusions Perdues d’Honoré de Balzac où un jeune homme confie sa souffrance à un prêtre, lequel l’interroge :
« - Avez-vous une maladie incurable ?
- Oui, mon père...
- Ah ! Nous y voilà, dit le prêtre, et laquelle ?
- La pauvreté. »
M. GASPARD