Editorial: Histoire de baraques
Il y eut l'affaire de perquisition chez Ravatomanga, celle chez Augustin proche de Rajoelina...le point commun saute aux yeux des citoyens, de la population : les deux sont chacun propriétaires de grandes baraques, pas le même style, les goûts et les couleurs sont dans la nature, mais des grandes maisons qui tranchent clairement avec le quotidien de la majorité des Malgaches, des grandes maisons que n'importe quel Malgache qui les découvre rêvent d'avoir.
En effet, lorsqu'on parle de salon de l'habitat, la population semble loin de tout ça particulièrement lorsque en gagnant le SMIG elle ne peut même pas envisager quelconque construction. Mais là, les belles baraques font la une des presses ou du journal télévision et la conclusion fuse : ils sont riches, extrêmement riches!
Puis vient la curiosité : est-ce que ce sont des rentiers? des riches héritiers? des personnes qui ont travaillé dur pour arriver à ce stade? Les réseaux sociaux devenus sources d'informations s'en sont donnés à cœur joie pour dire que cette grande baraque de Augustin qui était ministre sous la transition date de la transition.
Transition? Cette période pendant laquelle beaucoup se sont enrichis, période pendant laquelle les lois ont été peu respectées, période pendant laquelle il y a eu beaucoup de nouveaux riches et parvenus, période pendant laquelle beaucoup ont jeté aux oubliettes le peu de morale qu'ils avaient, période pendant laquelle la justice a été la plus décriée, période pendant laquelle l'impunité et l'insécurité étaient à leur comble, période pendant laquelle on parlait de " bombe" à Madagascar, période pendant laquelle le Ministre des finances de l'époque a cautionné -en se maintenant en place sans démissionner - les différentes malversations et a fait fi de la transparence....une très mauvaise période, mais qui continue clairement aujourd'hui puisque les mêmes personnes reproduisent exactement ce qu'elles ont connu et fait durant la transition; les mêmes personnes de la transition se retrouvent à la barre; les membres du staff du ministre des finances de la transition sillonnent les couloirs des différents palais aujourd'hui. Aussi, lorsque des anciens de la transition se plaignent du non respect des lois et des abus de toutes sortes des actuels dirigeants, la population elle se dit que ceux qui sont là avaient déjà été là durant la transition et en bons élèves ne font que continuer ce qu'ils avaient vu et avaient fait durant la transition.
La population quant à elle voit plus que clair : ceux qui se débattent pour garder leur siège sont probablement en train de finir de construire eux aussi leur grande baraque et ceux qui veulent absolument y revenir y ont tellement pris goût qu'il leur faut construire d'autres baraques immenses, pas forcément jolies mais immenses!
Claude Rakele
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