Conseils des ministres décentralisés: Des dépenses publiques inutiles, voire scandaleuses

Le gouvernement a été déjà épinglé par le FMI sur les dépenses « peu prioritaires ». Mais apparemment, cette critique était tombée dans l’oreille d’un sourd ! En effet, peut-on dire que les dépenses engagées par l’exécutif dans l’organisation d’un conseil des ministres décentralisé sont prioritaires ? Apparemment non. Mais ledit conseil des ministres de cette semaine s’est tenu à Toamasina. Quel apport particulier ce conseil peut-il donner à la population de cette ville et de la province de Toamasina en général ? Pas grand-chose puisque les réalisations énumérées par le gouvernement s’inscrivent dans le cadre habituel de son travail. Citons l’approvisionnement en eau potable, l’état des lieux de l’insécurité, les subventions allouées aux collectivités décentralisées… Et on ne doit pas oublier que lors du déplacement du président de la république à Toamasina dans le cadre du conseil des ministres, deux générateurs de 12,6 MW ont été remis à la Jirama par le fonds d’investissement social d’Ambatovy. Un don qui va finalement rajouter aux pertes de la Jirama puisqu’il exige du carburant supplémentaire.
Et d’aucuns savent que les achats de carburant ne peuvent plus être assurés par cette société depuis longtemps déjà. Ils sont financés par les méga-subventions à la fois injustes pour les 85% de Malagasy non raccordés à l’électricité, et scandaleuses en termes de finances publiques. Les subventions pour le carburant sont à hauteur de 200 milliards Ar sur le total de 300 milliards Ar pour cette année. Pire, la Jirama aurait encore demandé une rallonge de subventions et n’aurait obtenu du ministère des Finances « que » 40 milliards Ar supplémentaires. Ce qui veut dire qu’il n’y avait pas de quoi organiser une cérémonie en fanfare pour la remise de ces deux générateurs, même si l’on sait que la puissance installée de la Jirama ne satisfait plus à la demande, toujours croissante. Autrement dit, la remise de ces générateurs aurait dû se faire en catimini si l’Etat veut continuer à aggraver la situation de la Jirama, au lieu de la revitaliser. Et si on revient sur la décentralisation du conseil des ministres, elle coûte chère aux contribuables. Certes, elle revient moins onéreuse que les multiples voyages des dirigeants à l’étranger, mais c’est une dépense qui aurait pu être évitée. Avec le déplacement des membres du gouvernement, du président de la république et de leurs suites respectives, les dépenses pour l’hébergement et la restauration étaient sûrement salées.
Certes, la ville de Toamasina a connu un certain dynamisme, notamment dans ces deux secteurs, mais ce n’était que passager. Le mieux serait d’y voir affluer des touristes pendant les hautes saisons grâce à un investissement plus consistant dans la promotion de la destination. Mais comme on le sait, les entités chargées de la promotion du tourisme ne disposent depuis toujours que d’un maigre budget comparé à ce qui se pratique sur les îles voisines. Et l’on ne doit pas non plus oublier l’instabilité politique et la montée de l’insécurité qui affectent bon nombre de secteurs dont le tourisme.
Fanjanarivo
 
 

Ajouter un Commentaire