Compétitivité dans le monde: Madagascar toujours dernier !
Madagascar est l'un des dix derniers au monde où les investisseurs viendront faire des affaires. C'est le résultat du classement annuel de l'organisation World Economic Forum dans le rapport sur la compétitivité mondiale ,qui est sorti la semaine dernière. Madagascar se trouve notamment à la 128eme place sur les 138 économies comparées au monde au titre de la période 2016-2017.
Dans la région, on est largement distancé par nos voisins, notamment l'île Maurice (45e), l'Afrique du sud (47), et même le revenant de guerre Rwanda (52e), ces trois pays figurant dans le trio de tête en Afrique tandis que la Suisse, Singapour et les Etats-Unis se trouvent en tête du classement dans le monde. Nos compagnons dans le top 10 des pays les moins compétitifs sont ceux en guerre ou connu des confus armés (Yémen, République démocratique du Congo, Mozambique, Sierra Leone, Libéria, Tchad, Mozambique....). Pourquoi un pays, qui n'a jamais connu la guerre comme Madagascar, est-il aussi mal classe ?
Notre score global est de 3,3 sur une échelle de 1à 7 (allant du mauvais au bon). L'année dernière, ce chiffre était le même sinon il était sensiblement supérieur durant les années précédentes. C'est à dire que le retour à l'ordre constitutionnel n'a rien apporté à notre compétitivité économique. A croire les groupements patronaux et professionnels, les décisions et pratiques du régime en place détériorent même le climat des affaires qui est déterminant pour l'attractivité et la productivité du pays. Cette opinion est d'ailleurs confirmée dans le rapport qui classe l'instabilité politique et des décisions gouvernemental, la corruption, l'accès au crédit et le taux d'imposition comme les 5 principaux facteurs de blocage des affaires à Madagascar.
Tout cela n'est pas inconnu des dirigeants successifs, du monde politique en général et du milieu des affaires. Mais tout le monde s'en accommode même si en termes de classement, notre pays se trouve au-delà du 100eme et très souvent même parmi les
25 derniers au monde. C'est le cas en matière de droits de propriété, d'indépendance de la justice et de la fiabilité des services de la police, le crime organisé.
Il en est de même pour les infrastructures en général dont les routes où nous sommes bons derniers (138) ainsi que l'offre en énergie électrique (135) et les abonnements en téléphone portable (130) même si les marchands de brades et les tireurs de pousse-pousse semblent en disposer.
Pour le système financier, l'accès au crédit et aux services financiers ainsi que la solidité des banques sont les plus mal notés au même titre que l'efficacité des lois anti-monopolistiques dans le commerce.
On ne parle plus du niveau du système éducatif et de la santé.
Seul éclairci dans ce sombre tableau: l'environnement macroéconomique qui est plus ou moins acceptable. Mais comme le dit la pub, ailleurs il y a meilleur. Essentiel, ce critère économique ne constitue d'ailleurs que l'un des facteurs de décision pour les investisseurs. Et ça aussi le régime en place le sait mais son appel aux investisseurs n'est nullement suivi d'actions concrètes pour améliorer les critères clés. Pour ne parler que de la formation en cette période de rentrée, les universités poubelles et autres instituts continuent de pousser comme des champignons alors que personne n'ignore que l'homologation de l'Etat est de pure complaisance moyennant des espèces sonnantes et trébuchantes.
En fait, les critères sur lesquels l'enquête a été conduite résument les points sur lesquels Madagascar a besoin de s'améliorer pour les investisseurs mais pour lui-même et les 24 millions de Malgaches. Une véritable refondation mais pas le mot creux galvaudé depuis un certain temps. Les insuffisances sinon es maux rapportés dans l'étude nr datent las d'hier mais curieusement, on n'a jamais entendu de la part de l'opposition aucune proposition sur l'un des critères étudiés. Durant les élections successives, rarement on a d'ailleurs débattu de ces choses très concrètes. Et aujourd'hui, le pays mobiliser l'épargne internationale sans que la population à la fois bénéficiaire et principal acteur des projets sache à quoi seront destinés que les bailleurs consentiront nous donner lors de la réunion à Paris. A tort ou à raison, la croyance populaire pense aux grosses baraques auxquelles se ramènerait le conflit politique actuel.
Salomon Ravelontsalama
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