Edito: Manque de volonté politique
Que les troubles sociales et politiques ne nous détournent pas, à l’heure actuelle, des vraies préoccupations de la population malgache. Ainsi, dans l’immédiat, des parents parviennent difficilement à boucler la rentrée scolaire de leurs progénitures. Voilà un problème qui se renouvelle chaque année, mais qui a pris une autre tournure en 2016.
Cette fois-ci, par exemple, des banques sont de plus en plus réticentes à octroyer des prêts à des honnêtes parents, obligés alors de vendre, à des prix cassés, des mobiliers, en particulier, des bijoux de la famille...C’est surtout à partir du secondaire que les parents investissent le plus dans la scolarité de leurs enfants. Mais rares arrivent à garantir à ceux-ci l’entrée à l’université.
En effet, généralement, c’est à partir l’obtention du BEPC, que l’on remarque un important taux de désertion, d’abandon dans les collèges et lycées. Faute de soutiens financiers conséquents des parents et de… l’Etat : les bourses d’études n’existent plus. Contrairement aux citadins, aux membres de la classe moyenne, ce sont principalement les familles de paysans, d’agriculteurs qui en pâtissent le plus. A terme, l’inégalité des Malgaches devant l’enseignement deviendra flagrante, insoutenable et créera inéluctablement des frustrations
Dans l’immédiat, les conséquences de cette sécheresse que le gouvernement refuse de regarder en face, commencent à inquiéter sérieusement le monde rural. Prévues pour être insuffisantes, les pluies feront défaut dans 85% des espaces cultivables d’après un technicien du ministère de l’Agriculture. La famine, la disette, voire la révolte paysanne, sont à craindre. D’ailleurs les semences, prévues pour cette saison, sont d’ores et déjà consommées par beaucoup d’agriculteurs.
L’Etat a donc le devoir d’agir, de réagir de suite quant à l’imminence d’une grande famine dans l’île. Beaucoup n’y croient pas ; ils ont tort. Concernant les bailleurs de fonds, ils doivent agir sur la longue durée, à l’image de la coopération japonaise qui a construit, au début des années 80, dans certaines localités du Sud de Madagascar, des retenus d’eau, de petits barrages très efficaces.
Bref, l’île ne mérite pas de devenir un jour comme le Sahel. Des solutions existent sûrement, quelque part, mais c’est la volonté politique qui fait défaut. Et ce, dans tous les domaines.
Franck Raharison