Frais des taxi-be: Hausse ou pas hausse, les passagers désorientés !

500 Ar ou 400 Ar. Les différents tarifs pratiqués par les taxi-be de la capitale désorientent les usagers des transports en commun. Car ces derniers jours, des véhicules appartenant à une même coopérative pratiquent deux tarifs différents. C’est notamment le cas de la ligne 015 reliant Mandroseza aux 67 ha et de la ligne 128 reliant Ankatso et Mahamasina. Ainsi, les tarifs passent de 400 à 500 Ar pour certains véhicules, alors qu’ils restent les mêmes pour d’autres. Ce problème génère parfois des altercations entre le receveur et des usagers. Ces derniers réclament l’affichage des nouveaux tarifs sur le bus pour qu’ils puissent prendre la décision qui s’impose, soit y monter ou ne pas prendre le bus en question et attendre le suivant. Avec un pouvoir d’achat anémié, nombreux sont ceux qui ne pouvaient pas déjà prendre le bus du temps où tous les tarifs étaient à 400 Ar. Et la hausse de 100 Ar ne peut que rogner un peu plus sur ce pouvoir d’achat. Notons que près de 70% des déplacements effectués dans la capitale se font à pied, alors que les transports en commun assurent 23% des déplacements, d’après l’enquête intitulée « Evolution de la situation socioéconomique des ménages de la ville d’Antananarivo depuis le début de la crise politique » et effectuée en novembre 2010 par le système des Nations unies.

La situation est fort probablement plus critique depuis. En effet, la situation socioéconomique des Tananariviens s’aggrave. Il n’y a qu’à jeter un coup d’œil sur ces familles entières qui mendient sur les trottoirs. Elles n’ont plus de quoi payer les loyers. Les déplacements en bus ne sont donc plus à la portée de ces ménages mais il en est de même pour de nombreux salariés, pour ceux qui exercent des petits métiers qui les aident uniquement à vivoter… Avec l’actuelle différence des tarifs des taxi-be, les usagers ne peuvent pas planifier d’avance ce qu’ils devraient dépenser comme frais de déplacement. Quoi qu’il en soit, si tous les taxi-be augmentent leurs tarifs pour les situer à 500 Ar, les nouveaux tarifs sont 25 fois de ce qui a été pratiqué dans les années 90. Pour le pain, le prix actuel (400 Ar pour la baguette ordinaire et qui ne contient presque pas de mie !), il est 10 fois plus cher qu’en 1990. La hausse vertigineuse et continue du coût de la vie, rien que dans le secteur des transports en commun et pour le pain, reflète la mauvaise gouvernance des affaires publiques dont la macroéconomie. Sur une longue période pourtant, le pays a été pris comme modèle par la Banque mondiale et le FMI en termes d’équilibre macroéconomique!

Cet équilibre-là n’a pourtant pas aidé la population à se défaire de la pauvreté. Il était anti-pauvre puisqu’il n’a pas permis de faire reculer la pauvreté de manière significative. Car même en période de calme politique et de bonne croissance économique, la pauvreté a toujours tourné autour de 70% selon le seuil national de pauvreté défini par l’Institut national de la statistique (INSTAT). C’était le cas sous le premier mandat de Marc Ravalomanana. La croissance ronflante de cette période a été annulée par une inflation à deux chiffres sur 4 années durant, par la crise du riz qui a affiché jusqu’à 3 000 Ar/kg en 2004, par les longs délestages de la Jirama… L’une des rares solutions pour juguler les effets de l’inflation sur les pauvres a été la mise en place du « Tsena mora » du temps de la transition. Mais c’était une mesure temporaire qui a toutefois coûté la bagatelle de 12 millions de dollars selon des données de la Banque mondiale.

Fanjanarivo

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