Feux de brousse à Ivohibe: 87 maisons parties en fumée

Seule une maison sur 88 a été épargnée par les feux hier après que des étincelles de feux de brousse à proximité atteignent les habitations. D’après des sources locales, cette catastrophe s’est passée dans le fokontany de Beriketa situé dans la commune rurale de Maropaika. Cette commune se trouve à 70 km du district d’Ivohibe dans la région de l’Ihorombe. Une telle distance suppose un long déplacement étant donné l’enclavement. Mais même si l’incendie s’est produit à Ivohibe même, nos interlocuteurs avancent qu’aucun responsable n’aurait levé le petit doigt. Elles rappellent, en effet, que malgré la présence de feux à proximité du chef-lieu de district, soit Ivohibe, personne et encore moins les responsables ne réagissent. De passage dans la localité donc, elles lancent un appel au Bureau national de la gestion des risques et des catastrophes (BNGRC) pour qu’il vienne en aide aux sinistrés de Beriketa. Ces derniers sont aux environs de 200 personnes dont des femmes et des enfants. Rappelons que des gendarmes en mission pour la sécurisation de Tanandava, un autre fokontany limitrophe, étaient venus éteindre les feux avec la population.

Malgré tout, personne n’a pu rien récupérer. Les biens de toutes les familles sinistrées ont donc été anéantis par l’incendie. Voilà pourquoi, le BNGRC est appelé à la rescousse. Les feux de brousse sont courants dans la zone, étant donné que l’élevage bovin domine dans la région. Des éleveurs mettent régulièrement le feu aux herbes asséchées par l’hiver pour qu’elles repoussent plus vertes dès les premières pluies. Ces herbes servent de pâturage aux cheptels puisque la culture de plantes fourragères n’est jamais entrée dans la conduite d’élevage de la quasi-totalité du pays. Seulement, la qualité des fourrages obtenus par le biais des feux de brousse baisse au fur et à mesure des répétitions des feux. En effet, le sol s’appauvrit et ne donne que des herbes aux éléments nutritifs faibles. Voilà pourquoi, les zébus ne sont plus ce qu’ils étaient dans les années 60, 70 et jusqu’au milieu des années 80. Leur taille diminue, le poids moyen aussi, alors que leurs cornes ne sont plus aussi longues qu’avant… Comme quoi, les feux de brousse ne peuvent que déboucher sur différents problèmes dont l’incendie évoqué plus haut et la baisse de la qualité dans la filière bovine.   

Mais partout à Madagascar, ils ne sont pas maîtrisés. Malgré la loi interdisant cette pratique, aucune stratégie n’est mise en place pour lutter contre ce fléau. Il n’y a qu’à observer les feux qui bordent tous les ans des grandes routes nationales comme la RN7 et la RN4. Ils gagnent du terrain sans que rien ni personne ne s’en soucie. Et quand on ajoute ce grave problème aux risques que peuvent présenter les matériaux des habitations, les risques d’incendie de maisons existent réellement. C’était le cas à Beriketa, Ivohibe. L’unique maison épargnée par les feux est la seule à avoir une toiture en tôles. Le toit en chaume, les murs en écorces ou encore en feuilles et en tiges sont nombreux dans tout Madagascar. C’est faute de moyens. Le logement décent fait pourtant partie des droits fondamentaux de l’homme. Mais les dirigeants semblent ne pas trop s’en soucier. Ils vivent dans des palais pourvus de tous les conforts.

Recueillis

par Fanjanarivo 

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