Crise de l’emploi: 8 jeunes sur 10 en sont victimes
« Il y a un risque réel que cette génération soit perdue », conclue un reportage sur la crise de l’emploi à Madagascar. En clair, l’avenir des jeunes Malgaches est en péril. Selon le rapport, près de 36 000 emplois ont été perdus à partir de la crise de 2009, et 8 jeunes sur 10 sont depuis à la recherche d’un travail. De plus, la jeunesse actuelle à Madagascar se contente d’attendre qu’un métier se présente à eux, négligeant totalement la création de micro-entreprise. Pourtant les offres d’emplois disponibles en ce moment ne permettront jamais d’absorber les 400 000 jeunes par année qui arrivent sur le marché du travail. Et seulement 20% environ pourront travailler comme fonctionnaires, en esquivant d’abord le népotisme et les autres formes de corruption. Résultat, le chômage est à son sommet et les jeunes diplômés se résignent à travailler en dessous de leurs compétences pour des salaires de misère.
La politique gouvernementale y est pour beaucoup dans l’état actuel du secteur emploi, explique Clara Ramananarivo, responsable de la promotion de l’emploi au BIT. Jusqu’en 2014 par exemple, aucune structure officielle ni adresse où les jeunes sans-emplois peuvent rencontrer gratuitement les recruteurs n’a été disponible. Le BIT et le PNUD ont mis en place le Système Régional d’Informations pour l’Emploi ou (SRIE), en réponse à ce manque. Idem pour l’appui à la création d’emploi, l’ONUDI prévoit aussi d’intégrer la formation en entreprenariat auprès de quelques lycées techniques à partir de 2017, afin que les jeunes puissent créer leurs propres emplois. « Le rôle des organismes internationaux se limite à proposer des actions », explique C. Ramananarivo. Tout dépend avant tout de la volonté et des efforts des décideurs locaux, ne serait-ce que pour le budget attribué au ministère concerné, ajoute-elle. Malgré que les initiatives entamées jusqu’ici viennent toujours des agences internationales.
Nomena