Dans le sud de Madagascar: Le PAM poursuit ses opérations d’urgence

Pour une troisième année consécutive, la sécheresse aggrave la situation de centaines de milliers de personnes dans le sud de Madagascar, le Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations Unies intensifie ses opérations humanitaires en réponse à la hausse des niveaux de faim et de malnutrition.

Les résultats préliminaires d'une évaluation sur la sécurité alimentaire inter-agence, qui devraient être publiés bientôt, indiquent que les quatre régions du sud sont susceptibles d'être classifier « d'urgence » d'ici la fin de l'année. A moins qu’une action rapide soit prise, trois autres districts pourraient suivre.

"La situation est extrêmement inquiétante", explique la Directrice exécutive du PAM Ertharin Cousin lors de sa visite à l’île. «La faim et la malnutrition que nous voyons sont le résultat de trois années de récoltes perdues. Nous devons avoir le financement nécessaire pour y répondre avant qu'il ne soit trop tard. Ce financement nous permettra également d'investir dans les moyens de subsistance de la population ; nous ne pouvons pas seulement sauver des vies, mais aussi changer des vies et briser le cycle de la réponse d'urgence. »

Le sud de Madagascar a été extrêmement touché par El Niño de cette année, ce qui a entraîné une réduction des pluies pour l'Afrique australe. Pour échapper à cette misère, un ménage sur trois, dans le sud de l'île, a déjà été contraint d’adopter des mesures extrêmes telles que la mendicité, la vente de sa terre ou maison, ou la migration. Quatre ménages sur 10 ont déjà utilisé leurs stocks de semences vitales, ne laissant rien  pour la saison de plantation de novembre / décembre.

«J'ai rencontré des femmes qui m'ont dit qu'elles n’avaient rien pour nourrir leurs bébés, sauf le fruit du cactus rouge planté au bord de la route», a déclaré la Directrice exécutive du PAM Ertharin Cousin, après sa visite au quartier Tsihombe, où presque tous les ménages sont en insécurité alimentaire, dont 80 % de manière sévère.

«Pour cette situation, il est essentiel que nous et nos partenaires fassions en sorte qu'aucun enfant n’ait faim et que chaque enfant obtienne l’alimentation dont il/elle a besoin.»

Avec un financement suffisant et en appui à la réponse humanitaire propre au gouvernement de Madagascar, le PAM intensifiera ses efforts dès novembre pour apporter une assistance alimentaire en nature ou en espèce à près d’un million de personnes. Le PAM élargira également son programme pour prévenir et traiter la malnutrition aiguë chez plus de 200.000 femmes enceintes et allaitantes et les enfants de moins de cinq ans.

À partir de ce mois-ci, en appui à la prochaine saison de plantation, le PAM fournira des vivres aux communautés vulnérables, en complément à l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) qui fournira des outils et des semences résistantes à la sécheresse.

Le PAM fournit actuellement un repas chaud par jour à près de 230.000 élèves des écoles primaires - 42 pour cent des élèves des écoles primaires dans le sud. Pour la plupart de ces enfants, le repas scolaire est le seul repas nutritif qu'ils reçoivent dans une journée. Pour s’assurer que les enfants reçoivent le repas et l'éducation qu'ils méritent, le PAM aligne son programme avec celui des acteurs de l'éducation. Dès le début de 2017, le PAM - aux côtés du Gouvernement de Madagascar, de l'UNICEF, la Banque mondiale et d'autres partenaires - prévoit d'atteindre encore plus d'enfants à travers son programme de repas scolaires.

Le PAM a besoin de 92 millions de dollars américains pour cette réponse humanitaire dans le sud de Madagascar à partir de maintenant jusqu'en mars de l'année prochaine. Il fait actuellement face à un déficit de 78,5 millions de dollars américains.

http://www.wfp.org/countries/madagascar (Eng)

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