Antananarivo : 40% seulement sont constructibles
Mais les constructions poussent partout dans la capitale et ses environs, malgré ce chiffre officiel. Les remblais qui ne sont pas aux normes pullulent également. La saison des pluies avance pourtant à grand pas. L’Autorité pour la protection contre les inondations de la plaine d’Antananarivo (APIPA) se dit prête à faire face aux éventuelles inondations. Pour ce faire, elle a curé le système de canalisation dont le canal d’Andriantany et les bords du fleuve Sisaony dans l’Atsimondrano… Les travaux ont démarré en février dernier et ont coûté 10 milliards Ar. Seulement, il faut rappeler que le curage des canaux ne suffit pas étant donné leur vétusté et leur dimensionnement. Il fut un temps où l’APIPA a parlé d’un grand chantier plus en aval pour élargir le fleuve Ikopa et éviter ainsi le refoulement des eaux vers Tanà en cas d’une très importante pluviométrie. Ce refoulement est à la source des inondations. Mais apparemment, aucune autorité n’a donné écho à ce projet de chantier dont le coût devrait être important. Ce qui fait qu’en cas de pluies torrentielles et continues sur une période assez longue, les constructions sur les rizières de Laniera et sur les autres zones basses ne pourront pas se soustraire à un éventuel cataclysme.
Et quand on y ajoute le non respect du code de l’urbanisme, les dégâts socioéconomiques risquent fort d’être amplifiés. En effet, on peut observer de grands projets immobiliers implantés sur des canaux d’évacuation, sans parler des maisons construites n’importe où, même sur des zones inondables. Bref, la capitale évolue dans une anarchie presque totale en matière d’urbanisation. Des techniciens du secteur avancent qu’elle ne devrait pas seulement raisonner en développement horizontal en ce qui concerne le secteur bâtiment. Elle devrait aussi et surtout raisonner en développement vertical. Cela veut dire qu’il est temps de penser à construire en hauteur et donc en termes de buildings ou de tours, que ce soit pour l’habitation ou les bureaux. La couverture de l’agenda d’une banque pour l’année 2015 donne un aperçu de cette éventuelle évolution. Elle imagine l’image des abords du lac Anosy d’ici quelques années et ce rêve dessine des grands tours de bâtiments modernes du côté des ministères et en face, les maisons traditionnelles, reflet de la tradition architecturale malagasy. De telles perspectives pourraient prendre forme si les autorités pratiquent de manière efficace le Partenariat public-privé (PPP).
La loi y afférente existe déjà. Et pour qu’elle ne gonfle l’inflation de textes, elle pourrait être employée dans l’urbanisation. En effet, les promoteurs immobiliers ne cessent de construire des grands bâtiments dans Tanà. Mais ils les destinent uniquement à une poignée de clients super riches. Quoi qu’il en soit, le potentiel d’investissement en grands projets immobiliers existe mais il devrait être orienté vers le développement à la verticale de la capitale malagasy. Un PPP dans ce domaine devrait favoriser le respect du code de l’urbanisme et réduire en même temps les risques d’inondations. D’ailleurs, les projets immobiliers actuellement en cours pourraient ne pas trouver d’acquéreurs faute d’une offre trop élevée et face à une clientèle dont la taille ne se développe pas. Il est aussi temps de donner corps au projet Grand Tanà. Selon des spécialistes de l’aménagement du territoire, Antananarivo devrait se développer jusqu’à la commune rurale d’Ambalavao (vers le Sud sur la RN7), vers Manjakandriana (pour l’Est), Anjozorobe (pour le Nord) et Mahitsy (pour l’Ouest). Les nouvelles constructions pullulent déjà sur ces axes. Et si les autorités ne prennent pas garde, les problèmes de la capitale vont encore s’amplifier avec l’anarchie dans l’extension des périphéries.
Fanjanarivo
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