Gendarmerie Nationale: Communiqué... étouffé
Un important communiqué de la Gendarmerie Nationale, diffusé mercredi, a été entendu sur deux ou trois radios (dont la station catholique Radio Don Bosco), puis a disparu de la circulation. Le texte incitait les paysans de Soamahamanina à cesser les manifs et à engager un dialogue avec les autorités locales, et les autorités tout court. Signé du général Ramiandrisoa Jean de Dieu, commandant de la Gendarmerie Nationale, le document concluait sur la tirade habituelle : « La gendarmerie n’est pas une force de répression, mais une entité qui applique les lois et qui protège la population et ses biens… ». Recommandant le dialogue, le communiqué a peut-être été trouvé « défaitiste » par les faucons du régime, lesquels prônent la manière forte et l’écrasement du mouvement de Soamahamanina. En tout cas, le texte n’a pas été diffusé sur les chaînes officielles Rnm et Tvm et fut en gros étouffé. L’impression qui s’est dégagée à l’écoute de ce document : le commandant de la Gendarmerie Nationale, contrarié par le discrédit croissant qui affecte la gendarmerie, préconise une solution pacifique et non l’affrontement pour Soamahamanina. Il est vrai que dans cette localité, les exactions et les brutalités des forces de l’ordre jettent la honte et l’opprobre sur la Gendarmerie Nationale, chef de l’Emmo-Reg.
Au sein même de la Gendarmerie Nationale, certains chefs sont exaspérés par les brutalités exercées par les officiers de gendarmerie qui commandent l’Emmo-Reg. Exaspérés aussi par les entorses aux libertés démocratiques et aux droits de l’homme perpétrées par ces mêmes officiers, à Tana-Ville et à Soamahamanina. Ces chefs prônent donc la modération et surtout la compréhension à l’endroit des manifestants. Mais les gendarmes installés à la tête de l’Emmo-Reg, qui doivent leurs postes et leurs avancements au régime, ne l’entendent pas de cette oreille. D’où la mise à l’écart du communiqué du commandant de la Gendarmerie Nationale. En tout cas, avec ses traditions de brutalités et d’alignement stupide sur les régimes, cette Gendarmerie Nationale n’a pas sa place dans une démocratie en construction. Cette entité en uniforme doit être dissoute, en fusionnant avec la Police Nationale. Notons que ces deux corps exercent les mêmes fonctions et font donc doublon. Dans un pays comme le nôtre dont les ressources sont limitées, cette Gendarmerie Nationale qui n’apporte rien au développement, aux libertés et à la démocratie est de trop.
A.R