Saison cyclonique: Rares sont les infrastructures aux normes
Investir 1 dollar dans la prévention des catastrophes naturelles dont les cyclones, c’est en récolter 5 dollars comme dividende, selon les experts du secteur. Madagascar devrait y réfléchir et mener des actions concrètes étant donné qu’il est dans le top 5 des pays les plus exposés aux cyclones. Mais seuls quelques secteurs disposent de normes, notamment pour la construction et l’entretien. C’est le cas pour les routes et les infrastructures hydro-agricoles dont les normes ont été élaborées ces dernières années. Seulement, qu’en est-il des contrôles de l’application de ces nouvelles normes ? Dans cet Etat fragile où la corruption est généralisée, le système de contrôle est gangrené par la corruption comme les autres secteurs. Mais la lutte contre la corruption est une autre paire de manche à laquelle les autorités n’engagent que des actions tape-à-l’œil comme dans le cas de Nivo Ratiarison, directeur de cabinet du ministère de la Communication. Car en principe, un directeur de cabinet ne peut pas agir seul pour effectuer des détournements massifs de deniers publics.
Il a fort probablement des complices dans la haute sphère politique.
En attendant une lutte plus prononcée contre la corruption, le pays n’a pas tous les dispositifs pour prévenir les dégâts et pertes occasionnés par les cyclones et autres cataclysmes naturels. Or, si les normes anticycloniques sont appliquées dans les travaux de construction et d’entretien, le pays gagnera sur plusieurs tableaux. Il peut développer de nombreux secteurs dont le transport, l’éducation, la santé, l’agriculture… En même temps, il disposera d’infrastructures aux normes et par la même occasion, il élargira la palette d’infrastructures socioéconomiques à même de résoudre de nombreux problèmes dont la maîtrise de l’eau dans le secteur agricole. Celle-ci pourrait être couplée à l’essor de l’électrification, notamment rurale où le taux d’accès est inférieur à 5%. L’on peut aussi développer l’accès aux services de santé et à l’éducation via la construction de nouveaux bâtiments aux normes ou la mise aux normes des bâtiments existants, etc. Tout ceci explique le gain qui est 5 fois plus que l’investissement injecté dans la prévention. Cependant, des routes sont coupées, des barrages hydro-agricoles endommagés et pareil pour des centres de santé et des écoles presque à chaque saison cyclonique.
Le pays va entrer dans une nouvelle saison cyclonique. Pire, le changement climatique amplifie les problèmes car plus tôt que d’habitude, une dépression tropicale appelée Bransby a été signalée dernièrement même si elle n’avait pas d’impact sur la météo à Madagascar. A titre de rappel, il faut en moyenne 5 ans pour se relever des pertes et dégâts cycloniques, d’après la Banque mondiale. Cela signifie que sans des mesures de prévention multisectorielles, le pays risque de s’engluer continuellement dans la pauvreté. Mais tout est question de volonté politique, de vision de développement et de bonne gouvernance. Trois concepts qui n’existent pas à Madagascar car même le Plan national de développement (PND) censé porter la vision du régime en place est à peine considéré par l’exécutif.
Fanjanarivo