Sentinelle: Sempiternelle annonce de reconstruction d’Antananarivo !

Reconstruction d’Antananarivo dites-vous ? C’est un bien grand mot qui mérite qu’on en parle dans cette rubrique. Comme le souhaite tous les tananariviens qui se respectent, on veut que cela se fasse, et le plus vite possible sera le mieux. Une approche inclusive et participative de la population serait de bon augure si les autorités responsables l’impliquent dans le projet de confection des droits et devoirs de chacun, et dans la mise en application des voies et  moyens pour faire régner l’ordre public. Le réveil de la conscience citoyenne par la mise à l’index des voyous drogués, des vandales, des voleurs, des agitateurs, des criminels, des délinquants, des refus d’obtempérer, doivent être des objectifs à court terme. Effectivement cela nécessite l’élaboration de la dualité : délit et sanction y afférents.

On a maintes fois vu ces prises de décisions concernant Antananarivo et dont les suivis laissaient à désirer. On a aussi affirmé dans ces colonnes que la compétence d’un maire ou d’une mairesse sera jugée de par sa capacité à éradiquer avec célérité ces phénomènes récurrents cités ci-dessus, mais cela perdure jusqu’aujourd’hui.

Reconstruire c’est remettre à jour les ententes sociales, c’est sécuriser la ville, c’est faire appel aux actes citoyens, c’est rénover les infrastructures routières et domaniales, c’est embellir la ville   et tant d’autres encore qui ont été oubliés, saccagés, détruits, mais avant tout, il  faudra se pencher sur les  essais qui ont capotés auparavant.  La recherche intelligente se référant sur les causes et effets des ratages antérieurs sera une aide précieuse pour réussir son pari, et ne pas tenir compte de cela est un péché d’orgueil qui n’assure ni la réalisation de la politique escomptée, ni la qualité et la durée du changement.

Avant de se jeter dans cette entreprise, il est bon de se pencher sur l’aspect humanitaire de l’action qui depuis quelques temps a été occulté par nos tenants du pouvoir. Cela ne doit pas être un frein pour assainir la capitale qui en a rudement besoin en ce moment. Par contre la volonté politique contenue dans cette décision est louable quand on sait d’avance que les politiciens de l’opposition de tout acabit vont s’ériger contre toutes formes d’actions s’apparentant à un diktat. On s’empressera encore de brandir des banderoles appelant la communauté internationale à venir au secours des pauvres, oubliant ainsi l’aspect d’une nécessité publique à revenir dans un état de droit.

Eh oui ! La régulation de la vie sociétale dans tous les domaines  en ces années 2016 est urgente sinon vitale pour pouvoir faire face aux demandes de nos générations futures sur le mieux vivre ensemble. 

Ces reconstructions vont encore générer des troubles dans la ville qui vont pénaliser les vendeurs, boutiques et établissements en règles vis-à-vis de l’administration, mais elles vont aussi créer des embouteillages monstres du fait que des travaux vont se faire pendant la journée. Et comme à Madagascar on fait semblant d’ignorer jusqu'à nos jours qu’on peut aussi refaire les rues pendant la nuit, l’enfer sera bientôt chez nous à Antananarivo (SIC).  C’est justement pour cela qu’on veut attirer l’attention de nos décideurs sur le fait que des travaux peuvent se faire sans porter préjudice aux autres usagers ou utilisateurs si l’on ne joue pas aux gagnes petits. Effective-

ment, on nous a affirmé que les travaux de nuit coûtent plus chère. Nous  allons rétorquer par cela que ce n’est nullement le problème des tananariviens, mais ceux de l’entreprise adjudicataire. On ose même avancer que l’état perdra cent fois plus d’argent en confinant les acteurs des échanges commerciaux  de la ville dans des embouteillages triplant le temps de leurs trajets normaux. Il nous faut revenir à la normalité d’un raisonnement privilégiant l’intérêt général à l’intérêt particulier.

En fait, pour que ces reconstructions puissent se faire, des financements sont surement prêts à être utilisés. Avant de passer à la réalisation effective des travaux, il est clair que l’orthodoxie  financière et administrative sera de rigueur dans les passations des marchés qui ne doivent plus se faire de gré à gré. Des appels d’offres nationales se doivent d’être faits à la régulière sachant que pour certains travaux antérieurs cela ne fut pas le cas. Tout financement d’où qu’il vient, devient de l’argent public, donc appartient au peuple. Il est de notre droit et devoir d’insister sur son utilisation à ce qu’il y ait une moralisation des dépenses publiques dont la rectitude n’est guère perçue depuis quelques temps.

Max Randriantefy

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