Papier officiel à Madagascar: Trop facile à avoir

La vente de papier officiel est le business florissant du moment à Madagascar. Si l’obtention d’un papier comme un passeport, un diplôme, un permis de conduire, une quelconque autorisation, etc. prend énormément de temps dans la voie formelle à Madagascar, certaines personnes ont trouvé un moyen plus rapide et moins formel pour le faire. L’obtention d’un papier se facilite généralement par la corruption. C’est la réalité à Madagascar. Même dans le domaine de la santé, seul les pots-de-vin permettent de sauver une vie. Ce système, favorisé par le savoir-faire des dirigeants du pays, est ancré dans la mentalité de la population malgache.

Depuis des années, les faux papiers ont toujours existé. Des gens vivent avec ce business. Cependant, depuis la vulgarisation des réseaux sociaux, ils commencent à les publier sans honte sur diverses plateformes sociales avec les prix. Ces gens se cachent derrière des pseudos, mais leur business est clair, ils vendent des papiers officiels à des prix plutôt alléchants vu la galère qu’il faut endurer dans la voie formelle.  Le permis de conduire coûte 150.000 ar la catégorie. Le diplôme de Baccalauréat coûte à partir de 300.000 ar selon la mention. Le passeport coûte plus chère, mais cela n’empêche pas ceux qui sont pressés de les acheter. En effet, on peut en trouver à partir de 3 millions d’ariary. Le plus terrifiant dans ce business, c’est que ces papiers sont vérifiables auprès des agences et des institutions responsables.

La majorité des papiers officiels achetés au noir, notamment les permis de conduire, les permis de construire et les diplômes sont des vrais. Cependant, les faux papiers sont également très faciles à faire à Madagascar. La falsification  concerne en majeure partie les factures, les autorisations ou autres types de contrats ou ordre de mission. Les fabricants de cachet qui abondent les bords de rue facilitent ces falsifications. En plus, il est très facile de concevoir les papiers sur un ordinateur à la maison et de les imprimer sans la moindre règlementation.

Les gens choisissent la voie de la facilité car la voie formelle est trop lente et coûte aussi chère que la première. Dans les 2 cas, il faut payer pour avoir son papier, mais la voie informelle est plus rapide. La vente de papier officiel ne se fait plus dans le « noir » actuellement car on la médiatise à travers les réseaux sociaux sans le moindre gêne. Les vendeurs publient même jusqu’à leur numéro de téléphone dans leurs annonces. C’est à se demander si cette pratique est réellement interdite.

Berado