Investissement public: La dépendance aux aides extérieures renforcée

78,4%. Ce sera la hausse des financements externes pour le Programme d’investissement public (PIP) selon la prévision inscrite dans le projet de loi de finances 2017. Ainsi, le financement d’origine externe du PIP passera de 1 189 à 2 121 milliards Ar. A titre de rappel, la dépendance aux aides extérieures est telle que les bailleurs de fonds imposent souvent leurs visions et politiques, lesquelles ne correspondent pas toujours aux besoins réels de la population et des entités comme les entreprises et les autres acteurs du développement. Sans cela, le pays n’aurait pas enregistré des aides massives dans des secteurs comme l’agriculture, l’éducation et la santé mais qui n’ont pas apporté des résultats efficaces et pérennes. La paupérisation ou l’appauvrissement continu d’une grosse frange de la population l’atteste. Mais les dirigeants successifs sont tout aussi responsables. Ils ne prennent pas la peine de négocier de manière ferme pour obtenir des bailleurs de fonds non pas seulement de l’argent mais également et surtout la garantie d’élaborer et de mener des projets suivant les priorités locales et nationales. Mais en réalité, les régimes successifs et le pouvoir actuellement en place ne fait pas exception, ne prennent pas la peine de se doter de compétences en négociations internationales.

Ils se contentent de séduire les bailleurs de fonds en acceptant d’adopter telles ou telles réformes pour obtenir d’eux des financements. C’est la raison pour laquelle les cadres globaux devant régir le développement sont élaborés à la va-vite ou comportent d’importantes erreurs. Si l’on prend le Madagascar action plan (MAP) sous Ravalomanana, la budgétisation n’a pas été ficelée de manière efficace. Quant à l’actuel Plan national de développement (PND), il est souvent évoqué en préambule des documents comme les lois de finances mais il a été confectionné à la va-vite et n’offre aucune piste innovante pour sortir le pays de l’extrême pauvreté. Concernant les cadres de développement pendant les périodes d’ajustement structurels, ils ont été pour la plupart des documents inspirés largement par les priorités de la Banque mondiale et du FMI et copiés collés sur d’autres pays en développement, notamment africains. L’augmentation des financements externes pour le PIP n’annonce donc rien de bon. Elle renforce la dépendance de Madagascar aux aides extérieures. L’année dernière, le président de la république Hery Rajaonarimampianina a évoqué ce problème. Il a même parlé de honte pour un pays riche en potentiels mais devant dépendre fortement des autres.

Apparemment, il ne s’agissait pourtant que d’un discours creux dans la mesure où la réalité est toute autre. Il n’y a qu’à jeter un œil sur l’importante hausse des financements externes pour le PIP 2017. La récente présentation du projet de loi de finances à la société civile n’a pas indiqué la hausse des financements internes pour ce programme d’investissement. Il est fort probable qu’ils n’atteignent pas le même taux que les aides extérieures en supposant qu’il y ait hausse. D’ailleurs, le PIP est généralement financé par les bailleurs de fonds à hauteur de 65 à 70%. Le reste est assuré par l’Etat. Il faut aussi souligner que les dépenses d’investissement public représentent environ 40% du budget de l’Etat, contre 60% pour le fonctionnement. Selon un ancien responsable du Trésor public et maintenant expert auprès du FMI, ce déséquilibre ne permet pas au secteur public de financer suffisamment la croissance. Or, le secteur privé est handicapé par un climat des affaires plus que morose pour fournir des efforts supplémentaires.

Fanjanarivo

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