Aéroport d’Ivato: Un audit coûteux et inutile

La Banque Africaine de Développement (BAD) va financer une mission de consulting intitulée « Etude de la gouvernance et audit des risques de corruption, de fraudes et de trafics illicites à l’Aéroport International d’Ivato ».  On est encore monté d’un cran dans l’absurde. En effet, cela fait des décennies que la corruption, les fraudes et les trafics illicites prospèrent à l’aéroport d’Ivato. Cela fait des décennies que les usagers et les médias dénoncent les pratiques mafieuses. Cela fait des décennies que sont pointés du doigt les petits arrangements entre certains policiers, gendarmes, douaniers, agents de sécurité et membres du personnel navigant des compagnies aériennes. Les faits sont connus et les scandales retentissants. Les auteurs, complices ou commanditaires des infractions à répétition sont presque toujours des individus du cercle du pouvoir. Cela est une constante, sous tous les régimes, sans exception. Tout d’un coup, suite à la visite du Chef de l’Etat actuel à l’aéroport d’Ivato, le régime actuel s’empresse de diligenter une étude et un audit aussi coûteux et fallacieux qu’inutiles et dilatoires. La ficelle est grosse, surtout à la veille du Sommet de la Francophonie. Avec son masque hypocrite, le régime tente en vain de se disculper et de faire croire qu’il prend le taureau par les cornes. Ses gesticulations sont destinées à faire bonne figure pour se garder d’appliquer des solutions simples et immédiates alliant bon sens, efficacité et intégrité. Il faut y voir une diversion grotesque pour éviter que l’opinion publique ne s’interroge sur les suites des trafics d’or révélés au grand jour. On devine déjà les conclusions du rapport d’audit à propos des actes illicites qui s’empilent à l’aéroport d’Ivato. On connaît aussi déjà les solutions préconisées. En attendant la mise en œuvre des recommandations qui nécessiteront des réformes en profondeur, des moyens sérieux et une volonté politique réelle, la gabegie à l’aéroport d’Ivato a encore de beaux jours devant elle.  

Folojaona et Ranary

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