Editorial: Quand le président est délesté de sa promesse !

«C’est un délestage et non une panne technique. Nous n’en sommes pas maîtres ».C’est la réponse entendue systématiquement sur les noiméros d’urgences de la Jirama. « Vers qui faut-il donc récriminer ? », se demande donc vainement. Dans les sites de pruction de la compagnie nationale, les agents sont, en tout cas, très remontés contre le gouvernement, le Premier ministre et le ministre des Finances plus précisément.

Depuis quelque temps, le ministre Gervais Rakotoarimanana et le chef du gouvernement Olivier Mahafaly accusent ouvertement la Jirama de mauvaise gouvernance. Dans une déclaration à la presse, le ministre Gervais Rakotoarimanana a affirmé que « 35% de la production de la Jirama sont perdus. 15% concerne les pertes techniques et 20% sont des pertes inexpliquées, qui coûtent 20 milliards d’Ariary chaque mois ». « A cause de ces pertes, seulement 65% de la production sont donc facturés. De plus, le taux de recouvrement des recettes de la Jirama n’est que de 60%. Si on fait le compte, cette société ne commercialise réellement que 40% de sa production ».

Au cours de sa tournée dans le nord du pays, le Premier moinistre Mahafaly eznfonce le clou. « Seulement 15 % des Malagasy bénéficient des services apportés par la JIRAMA, or cet établissement coûte 400 milliards ariary de subvention de l’Etat chaque année. Paradoxalement, les factures d’eau et d’électricité ne cessent d’augmenter. Alors, pour cette année, l’Etat a décidé de diminuer cette subvention à 300 milliards d’Ariary. Ce qui fait que l’établissement en question doit faire des efforts pour assurer son fonctionnement. Ces efforts doivent se concentrer sur l’augmentation du taux de recouvrement, sur la lutte contre le vol et le détournement de gasoil au sein de l’établissement et d’électricité au sein de la population ».

Rejetant les délestages sur le dos des dirigeants et du personnel de la Jirama, ces dirigeants n’apportent aucune solution pour accomplir la principale des promesses présidentielles : la fin du délestage. Si ce n’est de l’irresponsabilité, ce serait à coup sûr un croc en jambes à l’endroit de Hery Rajaonarimampianina.

En dépit des explications du directeur régional de la JIrama dsans le nord, Olivier Mahafaly ne veut rien savoir en exigeant « la fin de la rupture de l’approvisionnement en combustibles des groupes » qui reelèvent d’abnord des facteurs indépendants à la compagnie nationale : état des routes, insuffisance voire inexistence d’infrastructures de stockages. Le ministre Gervais Rakotoarimanana qui est pourtant un expert-comptable, semble entremêler les chiffres sans chercher à comprendre pourquoi. Les 15 % des pertes techniques ne seraient dus qu’à la vétusté des matériels et l’absence de maintenance faute de moyens. Les contrats sur la location des groupes et la fourniture de gas-oil avec des surfacturations sont souvent sinon systématiquement le résultat des interventions des tenants du pouvoir en place. Le faible taux de recouvrement des factures s’expliquerait principalement par les arriérés de l’Etat lui-même dont les institutions, ministères et établissements publics paient rarement leurs factures d’eau et d’électricité. Bref, le Premier ministre et son ministre des Finances cherchent des artifices pour satisfaire leur engagement fait devant le FMI de limiter à 300 milliards Ar les montant des subventions de l’Etat à la Jirama. Et pourtant l’équation est simple avec les coûts de la Jirama et les prix auxquels l’Etat lui oblige de facturer les abonnés. Malgré cela, le ministre des Finances rappelle que la compagnie nationale avait fait dans le temps d’énormes bénéfices pour refuser une ralonge budgétaire et plonger ainsi la Jirama et lapopulation dans le noir. L’exécutif n’est-il pas chargé de réaliser les promesses de son chef ? Sinon, l’irresponsabilité conduit la population à réagir. Comme à Farafangana.

Salomon Ravelontsalama

Commentaires   

0 #1 momo 18-10-2016 13:50
Les responsabilités incombent à tous : le gouvernement (qui doit proposer des solutions durables), la Jirama (ses employés sans exception et sa politique de gestion), les usagers et certains non-usagers (les mpangalatra jiro ou mpisintona jiro, les mpanao afera,etc.)... C'est un cercle vicieux dont on ne se sortira que le jour où la corruption aura cessé et quand les Malgaches sauront enfin prendre des responsabilités au lieu de s'accuser mutuellement.
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