Délestages: On veut tuer la Jirama !

On veut tuer la Jirama et le président Rajaonarimampianina avec. L'accusation est peut-être trop forte mais ce n'est ni plus ni moins que la conviction des syndicalistes de la compagnie nationale. Par l'intermédiaire de Haja Maminirina, un de ses leaders syndicaux qui est également président du syndicat autonome des travailleurs de Madagascar, le personnel de la Jirama s'insurge, en effet, contre " la campagne de dénigrement des dirigeants et des agents de la Jirama".

"On nous accuse de détournements de fonds, de vol de gas-oil et de mauvaise gestion", déplore-t-il. Il est d'autant plus furieux que les déclarations faites ces derniers temps ne vont pas au bout de la réalité. "20 milliards Ar, c'est 100 millions de nos francs. Croyez-vous qu'on peut subtiliser une telle somme sans être vu ni connu des autorités compétentes?", fait-il remarquer sans doute pour montrer combien le ministre des Finances parle à tort et à travers.

Du reste, en matière de subvention, notre interlocuteur affirme solennellement qu'"il est impossible pour la Jirama de détourner un seul franc pour la simple et bonne qu'aucun ar des 400 ou 300 milliards de subventions ne transite dans les caisses de la compagnie: les subventions servent à honorer les factures des fournisseurs de la Jirama qui sont payés directement là où sont débloqués les fonds". Si 100 milliards fmg ont donc disparus, il faut chercher ailleurs qu'à la Jirama.

Pareillement quand on parle de mauvaise gouvernance. "Notre coût de production est de 700 ar le kwh mais l'Etat nous oblige à revendre l'électricité à 400 ar le kwh dans le souci de préserver les abonnés qui n'ont pas supporté notre dernière hausse de 15% qui est loin de combler notre perte de 300 ar par kwh imposé par l'Etat. Qui peut-on accuser de mauvaise gouvernance?"

La question se pose notamment au FMI qui considere les dirigeants et les cadres de la Jirama comme incompétents. "Le FMI exige notre remplacement, nous qui avons fait fonctionner cette compagnie contre vents et marées. Oui, nous avons fait des bénéfices quand l'Etat nous laisser gérer dans les regles de l'art notre compagnie. Ces bénéfices étaient tellement énormes que c'était systématiquement aupres de la Jirama que l'Etat se retourne pour régler ses difficultés financieres qui pour payer les salaires des fonctionnaires qui pour regler ses factures impayées. Le FMI qui est à ntre chevet depuis 40 ans, doit être au courant de ces réalités mais visiblement, il ne veut rien savoir. En exigeant le départ des dirigeants et cadres, le FMI veut-il nous refaire le coup de l'allemand Lahyemer qui a précipité la chute de la Jirama?

Toujours est-il que le ministre des Finances, le Premier minidtre et l'ensemble du gouvernement joue le jeu du FMI devant lequel ils n'ont pas osé défendre les subventions de la Jirama sans lesquelles le régime ne pourtant tenir longtemps. Inconscience, irresponsabilité ou suicide collectif des tenants du pouvoir ? En tout cas, le syndicaliste avertit: "si la campagne de dénigrement de la Jirama se poursuit et qu'on refuse de nous donner les moyens de régler les délestages alors il faut s 'attendre au pire. La colère de la population s'est manifestée ce week-end à Farafanga. Qui est responsable si la population incendiait toutes les installations de la Jirama?".

D'apres notre interlocuteur, la capacité de production d'électricité permet de satisfaire les besoins de la capitale. "Pendant les périodes de pointe, Antananarivo a besoin de 224 Mw alors que la capacité de production est de 227 Mw. Cette capacité n'est pas utilisée pleinement parce qu'on ne donne pas à la Jirama de quoi acheter du gas-oil. D'où les délestages", explique-t-on en refutant les vols de gas-oil évoqués par certains dirigeants.

"Oui, il y a eu des vols de 20, 30 voire 50 litres de carburants mais depuis quelques années, les contrôles sont sévères. On a licencié voire emprisonné les agents indélicats. Mais tout comme les 20 milliars ar, il est impossible de voler une citerne de gas-oil. Il faut voir ailleurs".

Bref, le personnel refute les accusations faites par le gouvernement contre lui. "C'est plutôt le minstère desFinances qu'il faut taxer de mauvaise gouvernance". D'après les révélations de Haja Maminirina "doit encore 527 milliards ar à la Jirama dont 180 milliards de factures d'eau et d'électricité et 283 milliards de remboursements de Tva". "L'Etat nous oblige par ailleurs à s'acquitter de la redevance au fonds d'entretien routier alors que nous ne transportons pas du carburant, tâche réalisée par les professionnels qui paient déjà cette redevance" collectée donc deux fois sur les carburants destinés à alimenter la Jirama. Ce doublon coûte à la compagnie nationale 88 milliards ar en 2015 et 2016.

Ces vérités, l'ensemble du gouvernement doit le savoir car nombre de ses ministres sont représentés au conseil d'administration de la Jirama (énergie, finances, économie...). Mais visiblement, on ne veut rien savoir tout comme on s'en fout éperdumment des délestages et de la promesse du président Rajaonarimampianina.

Salomon Ravelontsalama

Commentaires   

0 #1 Jesse Austin 19-10-2016 09:27
C"est toute la population qu'on veut tuer en fait, pour qu'elle soit à genoux devant les opportunistes étrangers et les gouvernants
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