sentinelle: Ce que les Malgaches pensent des Français à Madagascar
Pour le mieux vivre ensemble à Madagascar, il est temps de dévoiler le non dit en exposant ici ce que pensent les uns sur les autres. Se voiler la face sur certaine pratique sociale est une hérésie actuellement, car le manque de réalisme est aussi un défaut grave d’une société qui perdure dans le conservatisme. Le monde change en bien ou en mal mais dans les deux cas, il nous faut nous adapter à la tendance actuelle de métissage.
Il y a deux formes de métissage dont le premier est entre les tribus malgaches, et le second avec les étrangers de diverses nationalités. Dans ce dernier beaucoup de français y sont impliqués. Si cela tarde à se faire sur les hauts plateaux, par contre il est galopant dans les régions côtières. Puisque c’est actuellement le cas, une forme d’intégration de ces nouveaux migrants est à envisager.
Etalons-nous maintenant sur le véritable sujet que sont les jugements que portent les malgaches sur les français de différentes motivations habitant ou passant à Madagascar.
Effectivement ils sont de différentes sortes : les zanatany, les coopérants, les investisseurs, les touristes, les retraités et les employés de l’administration française…
1/ Les zanatany sont des descendants de colons qui se sont établis à Madagascar depuis bien des lustres, et qui dans leur mode d’intégration parlent très bien la langue autochtone pour bien communiquer avec leurs employés. Ils ne fréquentent les malgaches que dans le cadre du travail ou du loisir. Ayant pris le pli d’une vie de nabab avec de nombreuses domestiques dans leurs grandes villas, le zanatany se défait difficilement de sa vie à Madagascar pour une vie en métropole sans ces artifices. Jouissant d’un certain respect par les malgaches du fait qu’ils créent des emplois, ils sont considérés comme faisant partie intégrante de notre société.
2/ Les coopérants à qui on a bassiné avant leur venue au pays qu’ils vont apporter la lumière dans un pays où règne l’obscurantisme, et de ce fait ils vivent en communauté, s’abstenant de tout contact avec l’habitant en le regardant avec suffisance du haut de leur savoir. Confinés dans leur milieu du travail, ils ne s’intéressent pas à la vie publique malgache, sauf pour lorgner de temps à autre sur le derrière des filles dans les boîtes de nuit. Dans la vie active à cause de ce détachement qu’ils affichent sur tout et dans tout, les malgaches ne les portent pas dans leurs cœurs.
3/Les investisseurs qui sont d’abord là pour se faire du blé et le plus vite sera le mieux. Souvent angoissés par les mouvements politiques se produisant dans le pays, ils sont à l’écoute des dernières nouvelles et tendances pouvant leur porter préjudice. Nouvellement venus, ils s’emploient souvent à s’intégrer en s’impliquant dans la vie sociétale, et cette attitude non seulement conviviale mais aussi créatrice d’emplois est appréciée par les malgaches.
4/Les touristes sont animés par une certaine curiosité sur les us et coutumes malgaches, mais dans leur prospection, la majeure partie est choquée par l’étal de la pauvreté et de la misère du pays. La compassion, la compréhension, la gentillesse et la spontanéité dont ils font preuve par leur largesse, font d’eux le genre de français que les malgaches apprécient le mieux. Ils sont aussi choyés par les autorités de par le fait qu’ils ramènent des devises au pays.
5/Les retraités qui ont choisi Madagascar pour passer le restant de leurs vies pour le climat, le moindre coût, la chaleur de l’accueil de l’habitant, en bref la qualité de vie que l’île rouge leur offre, sont généralement bien accueillis et intégrés. Les vieux aventuriers qui généralement accompagnent cette tranche de migrants, cherchent de la chair fraîche pour ranimer leur libido déclinante. Paradoxalement ils sont la cible des jeunes filles en mal de se chercher un mari pour les sortir de leur situation de survie à la pauvreté. La raison que la raison ignore est que ces agissements sont approuvés par leurs familles (SIC).
6/Les employés de l’administration française qui par la force des affectations administratives sont dans l’île, n’ont guère le besoin de côtoyer qui que ce soit pour des raisons différentes comme :
- la crainte qu’on leur demande des services,
- l’attitude paranoïaque dûe aux possibilités d’être agressé ou carrément kidnappé,
- l’indifférence la plus totale par rapport à la nation malgache car ne se trouvant pas dans un pays de leur prédilection,
- chez la femme, la peur de se faire voler leurs hommes par les jolies petites malgaches.
Malgré tous ces avatars, il se trouve que les français sont encore les étrangers que les malgaches préfèrent. Dans ce choix la logique est quand même respectée dans la mesure où la France est le pays qui nous aide le plus et dont la langue est comprise mais non parlée par bon nombre de nos concitoyens.
Toutefois on déplore les comportements et attitudes :
- de la France qui dans des actions bilatérales ont tendance à infantiliser nos administrateurs par des tas de conditionnalités de gestion de leurs aides.
- des français se comportant comme dans un pays conquis en traitant les malgaches de tous les mots péjoratifs devant un public qui comprend le français sans bien le parler. Devant ces faits, ils s’exposent à des vengeances sournoises qui dépasseraient l’entendement de gens civilisés. Certains actes répressifs peuvent troubler l’ordre public, et porter préjudice aux relations amicales qu’on avait eues depuis lors. Les autorités françaises doivent agir dans la diplomatie en sommant ses ressortissants d’arrêter avec leurs exactions physiques et verbales sur la population. Comme chez certains malgaches, les souvenirs de la colonisation et de ses atrocités sur tous les plans n’ont pas été entièrement effacés. Pour assurer une meilleure cohabitation entre les français et malgaches, LE RESPECT MUTUEL sur tous les plans doit être effectif…
Max Randriantefy
Commentaires
Et avec le fond de l'article de Max Randriantefy que je vais (j'espère avec son accord !
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