sentinelle: Les grottes d’Anjohibe et ses sites environnants...
Mes vacances à Mahajanga dans la partie ouest de Madagascar, m’ont donné l’opportunité de faire du tourisme dans ces contrées perdues.
Je suis venu, j’ai vu et je suis vaincu par la beauté époustouflante de ces lieux et de ses sites environnants.
En termes de merveilles, on photographie souvent les sites visibles comme : les Tsingy de Bemaraha et l’allée des baobabs qu’on peut admirer dans les livres touristiques ou autres, mais dans lesquels manquaient cruellement nos sites invisibles des grottes d’Anjohibe.
Concernant ces grottes d’Anjohibe, l’endroit est vraiment extatique, il est digne des plus grands films d’horreur déjà tournés dans ce monde. Sa richesse en formations géologiques fait d’elles une attraction incontournable. La vue ne peut se repaître de ces multitudes de roches millénaires où stalactites et stalagmites de toutes tailles et sous toutes les formes, se présentent à nous en défilé de beautés intemporelles. La solennité de ces grottes imposantes de par leur immensité, leur étendue ainsi que les temps qu’elles ont traversés, nous rend compte de notre insignifiance devant la nature dans tous ses états.
Dans ses environs existe un campement appelé « Hotely des grottes » où les makis et les sifakas pleins de malices cohabitaient avec les clients en se mettant volontairement sur leurs épaules pour quémander un peu de tendresse et d’attention intéressées.
Plusieurs bungalows y sont érigés pour satisfaire les touristes, mais il sert aussi de bivouac pour le randonneur à moto ou en quad. A quelques dizaines de mètres, jouxtait la cascade mirifique de Mahafanina, sertie de piscines naturelles sur ses points de chute. En continuant ce rêve éveillé par la descente dans un canyon de cette eau miraculeuse presque sortie du désert, et où blocs millénaires de rochers des âges farouches entravaient l’espace pour offrir des piscines et des baignoires naturelles agrémentées de petites chutes d’eaux, idéales pour les massages thérapeutiques des visiteurs. Et là…choses incroyables, on voit pousser des arbres de tailles différentes à même les rochers…
A quelques kilomètres de là se terminait la route sur le plateau calcaire de Zahariaky qui dominait la grande mangrove de la baie de Mahajamba s’étendant à perte de vue…Ce paysage idyllique dans lequel on découvre tantôt la pénétration d’un bras de mer sur nos terres fécondes de produits halieutiques, tantôt la plongée du fleuve dans l’immensité de la mer. Ces épousailles fluctuantes du fleuve et de la mer dépendent du climat (sec ou pluvieux). Alors on s’est dit « il est où le bonheur »?
Les corps offerts aux vents et avec des larmes qui perlaient devant l’indescriptible beauté de nos terres côtières s’étalant à perte de vue. On a répondu : IL EST LĀ…
Le bonheur est là ! Alors pourquoi ce bonheur est-il réservé à certains privilégiés du pays. Le malgache lambda effectivement ne peut se rendre en ces lieux du fait que ces endroits deviennent de plus en plus inaccessibles par les moyens de transports normaux vu l’état des routes y accédant. L’illogisme de la réalité fait que dans ces contrées, plus le temps passe (car j’y étais dans mon adolescence il y a 50 ans de cela), plus la route est en détresse, alors qu’il suffirait de peu pour la réhabiliter. Seuls les 4x4, les motos et les quads peuvent franchir certains passages, donc les riches en mal de villégiature seuls peuvent y accéder.
Il serait de bon aloi de faire profiter les malgaches de la visite des plus beaux sites de leur pays. Dans ce cadre de raisonnement, la réfection des routes et radiers qui y mènent s’avère être primordiale. L’Etat doit faire un effort pour faire sortir son peuple de l’ignorance ambiante dans laquelle il vit, car il nous semble criminel de le spolier de la découverte de la richesse de leur nature. Comme le ministre actuel du tourisme lui-même provient auparavant du ministère des travaux publics, cela nous permet de rêver à cette possibilité de réfection de la route qui mène aux grottes.
On espère sincèrement que le député de Mahajanga qui a tourné un film dans ces régions les jours où j’y étais se rende compte de l’opportunité de rentabiliser le tourisme dans cette zone en période de vacances. Vu le nombre de migrants en ville, l’organisation de visites touristiques dans les grottes et ses sites environnants est plus qu’intéressant. Pour la réhabilitation et l’entretien des routes et des endroits à visiter, il faut qu’il y ait une décentralisation effective spéciale en termes de ristourne conséquente immédiate à la population pour leur permettre de bénéficier des possibles retombées économiques et de pourvoir ainsi au développement de la région. Si par le truchement d’une aide étatique ce projet est en cours de réalisation, des mesures d’accompagnements concoctés par les villageois et les autorités du coin sur la protection des sites doivent y être appliquées.
Max Randriantefy