CHRONIQUE: La justice et le désordre établi

Ceux qui croient toujours qu’ils ont droit à une impunité de fait en permanence devront prendre conscience tôt ou tard, que ce n’est tous les jours la fête au village. Ceux qui ont bafoué les lois de ce pays sacré, en s’appropriant injustement des biens publics, en volant les deniers de l’Etat, ceux qui ont emprisonné à tort et injustement des compatriotes ou qui ont laissé mourir certains d’entre  eux dans les cachots sordides. Ils répondront de leurs actes devant une cour de justice. Parce qu’à l’allure que prend la prise de conscience des braves gens parmi les simples  justiciables comme dans le corps de la magistrature, on peut dire que les carottes sont cuites.

Comme si cela n’a pas suffi de ramasser à tour de bras les patrimoines de la République en profitant de manière abusive, en véritable malfaiteur détenteur des pouvoirs publics, les échos des récents quiproquo sur des propriétés administratives que Marc Ravalomanana nous rappelle comment il avait forcé des fonctionnaires sous ordre à mettre à son noms des bâtiments publics et des propriétés privées. Les soustractions frauduleuses au niveau du Trésor, des caisses des entreprises de l’Etat et même de la Banque Centrale ont fait les beaux jours de cet affairiste arrivé sous l’égide de quelques commis de la Deuxième République qu’il a réussi à berner pour ensuite s’en débarrasser comme des chaussettes malpropres. A l’heure qu’il est, en prenant l’air pitoyable d’un ancien exilé politique, il cherche à faire oublier qu’il était le grand bandit roublard que des compatriotes naïfs et dupés avaient installé à la Présidence de la République avec la bénédiction de feu le  cardinal Gaëtan Razafindratandra et des officiers militaires traîtres à constitution. Après avoir emmené tout un pays en bateau pour s’enrichir avec des biens mal acquis, il se promène maintenant à vélo pour amener les habitants de ce pays « à pédaler dans la semoule » une fois de plus, si par le plus grand malheur, il arrive encore à manipuler les électeurs pour l’élire.

C’est la justement le drame de tous les habitants de Madagascar. Comment permet-on à un aussi sinistre individu de jouir encore de tous les droits civiques ? Pour quelqu’un qui aurait dû être sous bonne garde dans une prison pour toutes les  fautes pénales et infractions économiques qu’il avait sciemment et aux yeux de tous, Marc Ravalomanana est en train de souiller même avec son ombre la vie de cette nation. Que le juge qui ose affirmer le contraire se lève et se montre au grand jour en jurant de dire  « la vérité et rien que la vérité » ! Ce n’est pas parce que ce triste sire est suffisamment riche pour pouvoir soudoyer encore  et toujours des cours de justice  qu’il faut le laisser se pavaner de la sorte comme un poison dans l’eau…Il a été à l’origine de ce désordre établi. Le moment est venu de mettre fin à cette infraction permanente. Si jamais, toute la magistrature accepte et plie encore l’échine pour le laisser donner libre court à cette arrogance  vis-à-vis de la  légalité, c’est que vraiment, il n’y plus rien à espérer du corps des serviteurs de la Loi. Tous les juges ne devront jamais oublier cette rencontre à Iavoloha au début de son mandat au cours duquel, en tant que nouvel homme fort, il  avait ridiculisé la corporation toute entière, pour ensuite traiter tous les juges de corrompus au cours d’un discours public à Tuléar, avant de mettre en prison certains d’entre eux. C’est vraiment avoir la mémoire courte que de ne pas se souvenir que ce même Marc Ravalomanana s’était servi de leur toge comme un préservatif pour violer la constitution à maintes reprises. Jusqu’à ce que des citoyens indignés ait décidé de mettre fin aux abus de ce tyran.

Et si de nos jours des barons du régime pour satisfaire leurs bons plaisirs égoïstes et les intérêts de riches corrupteurs traitent encore et toujours les magistrats des sièges et des parquets comme des moins que rien et des valets, c’est parce que dans les juridictions on manque encore de courage pour dire  « non » à ceux qui instrumentalisent de la sorte l’autorité de la justice. Et à propos de  Me Nicole cette égérie réputée selon une source  fiable de Madagate parce que recoupée  « en cas de non-déclaration ou de fausse déclaration, la personne est passible de sanctions prévues à l'article 465 du code des douanes. Notamment: une amende égale au quart de la somme sur laquelle a porté l'infraction ou la tentative d'infraction et la confiscation de la totalité des fonds par la douane. Si donc Me Nicole Andrianarivoson a été interpelée, c’est qu’elle était bien en possession d’une somme de plus de 10 000 euros. Environ 3 millions d’euros selon l’estimation. Soit, plus de 30 fois plus que le montant maximal autorisé à être transporté sans autorisation nécessaire. (…)Mais dans un Etat de droit authentique, personne n’est au-dessus des lois et, à Roissy, son titre de « Conseillère et très proche du couple présidentiel Voahangy et Hery Rajaonarimampianina, Chef de l’Etat malgache », ne lui a été d’aucun secours. » Comment pouvez-vous accepter qu’on envoie en prison un magistrat  pour une affaire de kidnapping (aussi grave et criminelle soit-elle) ? Alors que pour d’autres faits aussi graves et lésant énormément tout un peuple, dans les coulisses des Palais d’Etat, de toutes les institutions et des administrations, vous les juges vous fermez les yeux ou regardez ailleurs ?  Malgré la présomption d’innocence et le principe de l’exception pour la détention préventive pour le moment, le mécanisme  sélectif de cette justice à deux vitesses ne frappe encore  que ce pauvre Jacquis Rabehaja et d’autres boucs émissaires. Il y a le juste de l’oppresseur et le juste de l’oppressé…

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