Entrée en saison chaude: La P.P.A gagne du terrain
La Peste Porcine Africaine commence à affecter les porcs à cause du climat actuel. La PPA, comme son nom l’indique, est une maladie hémorragique hautement contagieuse qui touche les porcs. L’agent pathogène responsable de cette maladie est un virus à ADN de la famille des Asfarviridés. Sous ses formes hautement virulentes, la peste porcine africaine se caractérise par une forte fièvre, une perte d’appétit, des hémorragies au niveau de la peau et des organes internes; la mort survient en 2 à 10 jours en moyenne. La mortalité peut atteindre 100%. Ce virus est le seul virus à ADN transmis par des arthropodes. Ces derniers, notamment les mouches, se développent durant la saison chaude et humide. De ce fait, la maladie se propage très vite, surtout à Madagascar où les règles d’hygiène en termes d’élevage ne sont aucunement respectées.
La maladie ne représente pas de danger pour la santé de l’homme, mais les conséquences sur la viande, qu’on continue de commercialiser malgré les signes apparentes, peuvent faire hésiter plus d’un. Effectivement, la viande de porc atteint de la PPA est d’une couleur rougeâtre à cause de l’hémorragie interne qui a touché l’animal. La viande sent l’urine surtout durant la cuisson. La majorité des clients ne sont au courant de l’état de la viande qu’ils achètent qu’une fois dans leurs marmites. Les viandes affectées, pourtant facilement identifiables, continuent à être commercialisées. C’est à se demander si les contrôles existent vraiment.
Au marché d’Andravoahangy, les étalages se multiplient. Comme l’épidémie n’épargne aucun animal dans un élevage, les propriétaires sont obligés de tuer les porcs dès qu’un cas apparaît avant qu’il ne soit trop tard. « Dans la majorité des cas, même les porcs qu’on tue sont déjà atteints de la maladie et ça se sent dans la viande. Il faut arriver à les vendre le jour même de l’abattage parce que sinon la viande sera très difficile à commercialiser. La viande de porc malade se vend entre 6000 et 8000 ariary le kilo. », raconte Mahefa, éleveur et boucher à Andravoahangy. Aucun boucher ne dira à ses clients que la viande qu’ils vendent est atteinte d’une maladie. Certains les mélangent même à de la bonne viande pour atténuer l’odeur.
Aucun vaccin ni traitement n’existe actuellement pour prévenir ou guérir la maladie. Beaucoup d’éleveurs malgaches tentent d’utiliser des moyens expérimentés par ses confrères, mais sans aucun résultat concret. Certains utilisent de l’huile de dynamite en les mélangeant à la nourriture des porcs, d’autres ajoutent du poivre ou autre chose qu’ils entendent par-ci et par-là. Mais les résultats n’ont jamais été concluants et la PPA continue de ravager les élevages chaque année. D’ailleurs, la règlementation de l’élevage et du contrôle de la viande, promis par le Ministre de l’Elevage Rivo Rakotovao n’a pas du tout été respectée. Les boucheries ne respectent pas les normes d’hygiène et n’importe qui peut encore étaler la viande illicite n’importe où. En dehors de la PPA, d’autres maladies plus dangereuses pour l’homme se propagent à cause de ces négligences.
Berado