CHRONIQUE DE N RAZAFILAHY: Après le Comesa c’est la comédie ?

Les citoyens lambda ne savent plus quoi penser des effervescences internes qui agitent le microcosme politique de la capitale. Il y a un mois encore, les partisans d’une agitation permanente qui cherchent à se positionner en tant qu’opposition au pouvoir en place ne rataient aucune occasion pour se faire remarquer et jouer les épouvantails vis-à-vis du régime en place.  Avec les rumeurs de turbulences qui accompagnent toujours la rentrée parlementaire, ce mois d’octobre qui s’achève sera marqué par le mouvement de contestation du groupe parlementaire HVM visant le président du Sénat. C’est comme dans cet adage qui dit qu’on n’est jamais mieux trahi que par sa propre maîtresse.

La démarche du groupe parlementaire du parti présidentiel qui consiste à solliciter le feu vert du Président de la République pour destituer Honoré Rakotomanana est tombé dans les rédactions de la capitale comme une blague de mauvais goût. Au lieu d’en faire un buzz, les médias sceptiques ont mis l’initiative sur le compte d’une farce grossière destinée à occuper les esprits pour ne pas donner à l’opinion le temps de  ressasser les couacs, les maladresses et les  carences indissociables au déroulement du sommet du Comesa. Certains commentateurs vont même jusqu’à voir dans cette tempête dans un verre d’eau chez les sénateurs, une diversion pour que plus personne ne se tracasse sur ce que pourrait être l’énormité des factures qui avait permis de prendre  en charge cette foule drainée par les délégations des pays participants. En tout cas, le président du  Sénat a de sérieux problèmes relationnels avec l’entité qui en principe avait parrainé son installation à la tête de la Maison de Verre à Anosikely. Non seulement, l’ensemble du personnel de cette institution n’a pas du tout apprécié le retour en zone d’une personnalité qui n’a pas su arrondir les angles pour éviter les frictions. Comme il fallait s’y attendre, la détermination de la nouvelle équipe dirigeante de vouloir se débarrasser d’un certain nombre des fonctionnaires au service du Sénat a été très mal perçue par les personnes concernées. Ils admettent mal que sous prétexte d’assainir la gestion financière de l’institution, on procède à une compression de personnel alors que d’une part, on constate que les responsables recrutent des personnes ayant des liens  familiaux avec des décideurs en place. Le malaise a  traîné en longueur parce que les démarches dans les  deux sens avaient rencontré une certaine hostilité. En clair, le personnel soupçonne le président du Sénat et son staff se livrer à une forme de népotisme que personne n’apprécie…Le récente participation de Madagascar à rencontre de l’Assemblée Parlementaire Francophone a laissé des traces de mécontentement auprès des bureaucrates mobilisés pour l’occasion. Ces derniers à qui on avait promis un per diem supplémentaire n’ont jamais trouvé la couleur des sommes promises et s’en plaignent.

C’était le mardi 9 février, que 63 sénateurs fraîchement élus et nommés réunis pour la première fois à Antananarivo ont élu à l’unanimité le nouveau président  Honoré Rakotomanana, le nouveau président du Sénat. Il fallait s’y attendre car il était le seul candidat en lice, présenté comme le candidat du parti au pouvoir. Les observateurs avait vu dans cette victoire un consensus avec 60 voix pour. Et voilà que, comme un cheveu dans la bonne soupe du quotidien du Sénat,  un document émanant quelques sénateurs circule en haut-lieu pour faire savoir au président fondateur leur méfiance à l’endroit de la manière de servir du patron d’Anosikely. Initiative suivi en début de semaine par le groupe parlementaire HVM pour  dénoncer ce qu’ils appellent une mauvaise gestion des finances publiques par Honoré Rakotomanana. Il était aussi question d’un exercice personnel du pouvoir sans tenir compte des rôles des membres du Bureau Permanent. La coupe a débordé lorsque dans le cadre de la préparation du budget destiné à l’institution, les sénateurs furent écartés de l’élaboration des documents financiers.  D’un côté comme de l’autre on s’évertue à calmer le jeu, mais pour le moment les  avis sont partagés. Les observateurs trouvent qu’en sollicitant la bénédiction du président de la République, les pétitionnaires sont en train de le rouler dans la farine. Ce faisant, il  demande ni plus ni moins au chef de l’exécutif de faire de l’ingérence dans les affaires internes du Sénat. Quoi qu’il en soit, les simples  gens constatent tout simplement qu’il y un ver dans le fruit et que tout ou tard, la pourriture apparaîtra au grand jour. Hery Rajaonarimampianina n’aura alors d’autre choix que d’abattre ses cartes. Ou bien il se débarrasse d’un fusible pour faire plaisir à sa troupe ou il fait preuve de fermeté pour attendre de pied ferme la période pré-électorale avec un Honoré Rakotomanana assurant les pleins pouvoirs. Le scénario A comporte toutefois beaucoup plus de risques que le plan B surtout s’il tombe sur drôle de zèbre manipulable à volonté par des personnes malveillantes. Comme dans n’importe quelle comédie le  burlesque aura toujours une place importante ne serait-ce que pour amuser la galerie, jusqu’à ce que le nouveau président élu prête serment. Et on revient à la case départ…et puis rebelote !  

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