Poursuites contre Lylison : entre diversion et provocation
Le bureau permanent du Sénat est dans la tourmente en raison d’une part, des fonds spéciaux exorbitants qui lui ont été accordés et d’autre part, de la tentative de certains zélateurs du HVM de remplacer Honoré Rakotomanana qui n’est plus en odeur de sainteté. Pour faire diversion, le Sénat met un coup d’accélérateur aux poursuites à l’encontre du Sénateur Lylison. Cette désolidarisation de certains Sénateurs à l’égard de leur pair ne trompe personne. Le régime n’entend pas relâcher la pression sur les personnalités influentes du parti MAPAR qui osent exprimer leurs convictions avec force. Le Sénateur Lylison n’a ni tué ni volé. Il est poursuivi pour avoir incité les tananariviens à manifester leur mécontentement en se ralliant à l’initiative « ville morte » qui a été peu suivie. Le fait que quelques barrages aient été érigés le lendemain de cette déclaration constitue selon le régime une atteinte à la sûreté de l’Etat. N’est-ce pas tiré par les cheveux ? Non seulement le Sénateur Lylison n’a ni encouragé ni fomenté un coup d’Etat mais ce n’est pas lui qui a installé les barrages. Au contraire, il a appelé les habitants de la capitale à s’abstenir de sortir de chez eux. Où sont les éléments matériels et intentionnels constitutifs de l’infraction d’atteinte à la sûreté de l’Etat qui est devenue l’accusation facile et bouche-trou permettant de bâcler la procédure pénale ? Le fait que le régime s’acharne contre le Sénateur Lylison, sans poursuivre les trafiquants et spéculateurs en tout genre qui portent atteinte à l’ordre public économique, n’est-il pas une forme de provocation ?
M. GASPARD