Affaire Tsirava: Un bon point pour la Police
On n’a pas suffisamment salué le geste du commissaire divisionnaire de Police, Rasamiarivony Martin, coordonnateur de l’Inspection générale de la Police nationale. Après le tabassage inacceptable de Tsirava, journaliste ou PAO de Free News, apparemment par des éléments de l’Uir (Unité d’Intervention Rapide), ce gradé de la Police s’est rendu dans les locaux de Free News, d’abord pour s’enquérir de l’état de santé de la victime. Ensuite, pour affirmer que la police reconnaissait ses torts dans l’affaire et allait ouvrir une enquête. Ce commissaire n’a pas transmis les excuses officielles réclamées par le Mouvement pour la Liberté d’Expression, mais son acte néanmoins est tout à fait inédit dans la longue histoire des brutalités policières dans l’île.
Visiblement, on a affaire à une Police nationale à visage plus humain, accessible à la douleur d’autrui et qui sait faire montre d’humilité. Le geste du commissaire Rasamiarijaona Martin honore la Police nationale. Malgré leur réputation de brutalités, il ne faut peut-être pas désespérer de nos corps en uniforme. Souhaitons que l’enquête aboutisse à l’identification des agents fautifs, et que des sanctions à la hauteur de l’infraction leur soient appliquées.
D’ailleurs, l’identité des fautifs et les peines infligées devraient faire l’objet d’une large diffusion. Et ce, afin de servir d’exemple aux éléments des forces de l’ordre qui croient bénéficier de l’impunité, et qui se livrent d’un coeur léger à de graves exactions. Une mention spéciale doit donc être faite à la Police nationale qui par son geste de mardi, a rendu service à l’Etat de droit, à la bonne gouvernance et aux droits de l’homme. Espérons que la Gendarmerie nationale, prompte aux bavures et aux tabassages, emboîte le pas de la Police et cesse de protéger les auteurs d’exactions en son sein.
A. R.