Edito: Est-ce trop demander ?
La corruption et l’affairisme frappent de plein fouet la société malgache. C’est une évidence ! La presse n’a de cesse mis en évidence les liens entre les groupes mafieux et les hautes autorités en particulier. Cependant, la justice continue de faire la sourde oreille. Dans le dessein sûrement de ne pas perturber l’ordre établi, la sérénité du pays. A ce sujet, la presse va publier un « grand dossier », demain. On ignore sa teneur, mais l’on sait que ça faire du bruit, un scandale, un choc dans le Landernau politique.
Dans tous les cas, l’envie de Hery Rajaonarimampianina de se maintenir au pouvoir a notamment pour conséquence le contrôle des principaux médias par ses conseillers spéciaux. Dans ce contexte, bien peu de place est laissée à une presse libre et indépendante. Le contrôle « économique » de certains médias est devenu une arme tactique en vue de la prochaine élection présidentielle.
La presse, considérée comme le seul acquis de la démocratie, souffre des aléas de l’environnement institutionnel dont le plus pernicieux est certainement ce nouveau code la communication, largement contesté par les médias et la société civile. Des médias qui ne peuvent s’élargir à cause d’un marché exigu et la difficulté d’accès à l’information. Malgré sa façade pluraliste, le paysage médiatique malgache reste dominé par l’influence du HVM, le parti au pouvoir.
Une nouvelle loi sur la presse est donc entrée vigueur, il faut avouer que la presse fait toujours les frais de pression de tous ordres. Dans une presse riche de très nombreux titres, le sensationnalisme et la recherche du profit prévalent souvent sur l’information et l’indépendance…
Il est temps que les médias fassent leur « mea culpa », leur autocritique. Un c’est là un premier pas vers leur crédibilité. Est-ce trop demander ?
Franck Raharison