Lutte contre la malnutrition chronique: Un défi qui attend les bailleurs de fonds !

«Madagascar a pâti des conséquences extrêmes du changement climatique, qui s’est traduit par une sécheresse récurrente et des épisodes El Niño fréquents. Madagascar ne peut pas relever seul le nouveau défi de la malnutrition chronique sans le soutien de ses partenaires », a indiqué François Gervais Rakotoarimanana, le ministre des Finances et du Budget. C’est ce que l’on peut lire dans un communiqué de la Banque africaine de développement (BAD) datant du 19 octobre dernier. Le 17 en effet, le président de la BAD Akinwumi Adesina et l’ancien président du Ghana et co-président du panel mondial sur l’agriculture et les systèmes alimentaires pour la nutrition, John Kufuor, ont accueilli à Abidjan la 1ère réunion officielle de l’African leaders for nutrition (ALN) dont le président Hery Rajaonarimampianina est membre. Mais apparemment, les dirigeants malagasy attendent beaucoup des bailleurs de fonds pour lutter contre la malnutrition chronique qui frappe 50% des enfants de moins de 5 ans. Toutefois, la bonne gouvernance des deniers publics et le redressement des entreprises publiques devraient aider à dégager d’importantes ressources pour financer de nombreuses activités dont la lutte contre la malnutrition.

En effet, si la Jirama évolue sous de meilleurs jours, l’Etat pourrait économiser les subventions de 300 milliards Ar par an, un budget qui avoisine celui du ministère auprès de la présidence en charge de l’Agriculture et de l’Elevage, celui-là même dont dépend la sécurité alimentaire. Or, avec un budget de 313 milliards Ar, il est illusoire de compter sur la vulgarisation des techniques agricoles améliorées auprès de tous les paysans. Rien que pour ce domaine, seuls 50% des paysans bénéficient d’une campagne de vulgarisation, selon les données officielles. Et on ne parle pas de l’utilisation d’engrais dont la moyenne nationale est 3,9 kg/ha en 2013, d’après les données de la FAO. Au Botswana, le ratio est de 82,7 kg/ha, 14,3 kg/ha au Burkina Faso, 36 kg/ha en Côte d’Ivoire… Pour Madagascar, il est difficile de compter sur une hausse du rendement à cause de la faible dose d’engrais utilisé, de l’application de techniques archaïques, de l’insuffisance des infrastructures agricoles... Mais avec un taux de malnutrition chronique des enfants de moins de 5 ans inférieur (29%) à celui de Madagascar, la Côte d’Ivoire vient de faire de la lutte contre cette malnutrition une priorité nationale engageant près d’une vingtaine de ministères.  

A Madagascar, rien de tel. Les priorités du gouvernement sont ailleurs. Citons l’organisation du sommet de la francophonie, les subventions de la Jirama, la participation à des rencontres internationales à impact nul pour la croissance… Or, le président de la république fait partie de l’ALN. Cette coalition va défendre la création d’une fiche d’évaluation de la responsabilité nutritionnelle et assurer le suivi des progrès des résultats spécifiques à la nutrition aux niveaux national et régional. La BAD rappelle que les 1 000 premiers jours de l’enfant constituent la période la plus critique de son développement optimal, que ce soit sur le plan immunitaire, intellectuel et cognitif. Un retard de croissance sur cette période entraînera plus tard un retard de croissance de l’économie concernée.

Fanjanarivo  

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