Un « paysan » qui vient de loin
A quatre jours de sa naissance, remontant en 1994, il avait perdu sa mère. De père inconnu, il a été élevé seul par une vieille dame, sa grand-mère, dans la ville de Faratsiho. Par nécessité, il a abandonné les bancs de l’école à l’âge de 16 ans et a intégré prématurément le monde du travail. D’abord, il avait débuté comme porteur d'eau ; ensuite, comme vendeur de caca-pigeon au service de son oncle pendant un an sans solde. Plutôt que de laisser ces circonstances qui ne sont pas toujours faciles à surmonter, reconnaissons-les, l'empêcher d’avancer ou encore le pervertir en le contraignant aux solutions de facilité offertes gratis par la vie comme le vol, le banditisme, la délinquance, etc., au contraire, il les a interprété comme une occasion de lancer ses propres affaires. C’est ainsi que Fiombonana, « une initiative de transformation alimentaire qui substitue les importations par l’intermédiaire de la fabrication locale de produits laitiers et de confiseries, et de l’approvisionnement auprès des agriculteurs locaux », a vu le jour.
Désormais, cette entreprise connait un succès important, en raison notamment de sa croissance non négligeable due à une production hebdomadaire de 800 kg de fromage, de son potentiel d’expansion rapide et à faible coût et de ses innovations telles que la rétro-ingénierie pour la transformation des aliments. Elle emploie une dizaine de personnes. Et avec la récompense du Prix Anzisha 2016 d’une valeur de 25000 dollars, soit 375.000.000 Fmg, Heritiana aura l’opportunité de développer et agrandir sa boîte, voire de travailler dans d’autres secteurs d’activité.
Rivo Raphaël Chreçant