CHRONIQUE de N RAZAFILAHY: Gare aux lois injustes pour une mauvaise gouvernance

Si l’Etat aujourd’hui réalise que le moment est venu pour prendre en considération et attacher une réelle importance « à la réparation en faveur des victimes des situations tragiques majeures ayant laissé des séquelles cruciales sur la cohésion nationale et des victimes des évènements politiques de 2002 jusqu’à la fin de la Transition ». La voie de réconciliation nationale et l’amnistie n’est pas la bonne pour aboutir à la refondation de la Nation et de la République. Déjà pour « la prévention des crises cycliques et la reconstruction de l’Etat », l’esprit de ce projet de loi n’a pas tenu compte de la seule et unique condition sine qua none pour y arriver. Prenons, rien que le cas des textes sur la protection de l’environnement et les mesures  d’accompagnement sur les changements  climatiques : les recours aux sanctions systématiques et les options d’appuis aux organismes agissant en faveur de l’environnement passent avant les mesures en faveur des habitants concernés. Et  c’est la catastrophe sur toute la ligne. Les paysans riverains des zones et aires protégées ne peuvent pas vivre normalement des produits de l’agriculture et de l’élevage parce qu’ils doivent subir les pressions protectionnistes des droits  et privilèges accordés aux animaux endémiques et autres protégés des multiples associations subventionnés par les financements étrangers. La production en général en souffre et c’est la famine qui s’installe. La région de Moramanga est  devenue un laboratoire grandeur nature de ce type de contradiction préjudiciable à la population à cause des lois mal conçues et pas du tout adaptées au développement recherché sur le terrain. Tout cela parce que lors des confections des lois, on tenait plus compte des injonctions des pays donateurs qui polluent le monde veulent se  rattraper en obligeant indirectement les pays comme le nôtre à mettre le paquet pour équilibrer les dégâts qui se commettent dans les pays industrialisés.

Revenons à ces moutons  de Panurge du Parlement qui débattent actuellement en commission sur le bien-fondé ou pas des articles proposés pour soi-disant aboutir une véritable réconciliation. Déjà le dit projet de loi a été vidé des substances civiques, sociales et sociologiques, telles que les entités chargées d’en assurer le premier jet avaient mis en chantier. La proposition retenu par le gouvernement, et aujourd’hui présentée aux députés, avait perdu entre les navettes les parties plus importantes sur  les faits liés aux évènements considérés. Pour l’établissement des vérités réelles vécues liés aux évènements politiques, il ne fallait pas se limiter aux crises de 2002 jusqu’à la fin de la Transition. Pourquoi avoir omis celles qui, jadis dans le temps jusqu’à nos jours empoisonnent encore et toujours les relations entre les natifs  de ce pays ? Il ne suffit pas d’éluder des plaies qui ne sont pas encore cicatrisées, pour croire pouvoir prévenir les crises futures. Pour ce qui est des dispositions prises dans les textes soumis au Parlement les détails du  Chapitre Premier ne peut retenir tout l’attention pour plusieurs raisons logiques. Le fait d’évoquer « Le Fampihavanana Malagasy » avec « le processus et le mécanisme  de la réconciliation selon le concept « Vérité Amnistie/Pardon » n’implique pas automatiquement une obligation de réconciliation « à des victimes des faits, crimes et violations des droits de l’homme,  ayant causé un préjudice à une personne ou à un groupe de  personnes et laissé des séquelles cruciales… » Tout le monde veut bien se plier aux obligations morales et pourquoi pas chrétiennes  de la tolérance. Mais toujours est-il que les législateurs doivent toujours avoir à l’esprit que la fourberie humaine, le penchant pervers de certains auteurs, et complices d’agissements condamnables ne méritent aucun pardon sans avoir subi et purgé les peines applicables pour leurs méfaits. Autrement, en se hâtant de favoriser des formes d’indulgence idiote très malsaine, on ne peut que consacrer de manière institutionnelle le culte honni de l’impunité qui finira par inciter  aux règlements de compte personnel et à la pérennisation de la justice populaire.  La Commission Spéciale Indépendante pour l’Amnistie au sein de la Cour Suprême précisée dans l’article  7 de la section 2 du Chapitre II  et la Commission Vérité et Pardon  devront veiller à  ce que l’application de l’article 47 sur les cas à exclure  du bénéfice de l’amnistie ne tombent pas dans les pièges de la précipitation et du favoritisme partisane et cupide qui ont permis à des voleurs notoires et des pilleurs des financements budgétaires de se voir, à l’heure qu’il est, « blanchis » au nom des absolutions payantes et de pavaner avec tous les honneurs dans quelques institutions. Surtout que  cette fois-ci, si ce projet de loi est adopté, non seulement des gibiers de potence et des criminels redeviendront vierges de manière civique, mais en outre, ils prétendent bénéficier des réparations pécuniaires du Fonds National de Solidarité. Messieurs les législateurs soyez vigilants !

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