Concours sur la cybersécurité: Doté de 20 000 euros et d’un accompagnement
Le concours de hackaton sur la cybersécurité ou #RiSk[Solutions] a ouvert ses portes hier au Centre d’information et de documentation scientifique et technique (CIDST) à Tsimbazaza. Organisé par le fonds francophone pour l’innovation numérique de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF), avec le partenariat de l’ONG Habaka et du CIDST, il est doté de trois prix de 20 000 euros à remettre aux gagnants le 30 octobre prochain. Le 1er prix est de 10 000 euros, le 2ème de 6 000 euros et le 3ème de 4 000 euros. Mieux, le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Monique Rasoazananera a souligné hier : « Certes, le concours met en jeu des lots en euros, mais il ne s’agit pas seulement pour ces jeunes de jouer. S’ils gagnent, ils auront aussi l’avantage d’être accompagnés pour développer leur solution ». A cet effet, le directeur exécutif de l’ONG Habaka, Marius Andriamparany précise :
« Les gagnants bénéficieront du prêt accélération d’entreprise en Belgique en novembre. Puis, ils seront accompagnés de janvier à décembre 2017 afin de créer une startup (ou une entreprise à fort potentiel) ».
Bref, le concours leur permettra de proposer des solutions pour Madagascar et l’espace francophone. A ce sujet, le directeur de la francophonie économique et numérique, Kako Nubukpo remarque que la réputation de Madagascar dans le secteur numérique a déjà dépassé ses frontières. De plus, le partenariat Habaka/CIDST est connu pour l’organisation de hackatons dont la Science hack day, un événement numérique annuel organisé dans de nombreuses villes du monde. Il s’agit de marathons d’innovation qui consistent pour les participants à créer des solutions numériques innovantes sur une durée limitée, de jour comme de nuit. Pour #RiSk[Solutions], les inscrits ont dépassé les 160 et il a fallu en sélectionner 50 comme prévu. Ces jeunes, souvent issus d’écoles informatiques, sont répartis en 11 équipes. Ils vont élaborer des solutions contre les risques informatiques prioritaires selon les politiques publiques de Madagascar. C’est ainsi que des responsables de secteurs dont l’Armée, la gendarmerie, l’éducation, le monde des entreprises leur ont exposé leurs problématiques. Les participants au concours s’inspireront des besoins réels de ces secteurs pour créer des solutions à présenter au jury le 30 octobre prochain au CIDST.
Mais avant de s’attaquer au concours, ils ont droit à une formation sur les scripts et les kits informatiques et à un mentorat effectué par 6 experts malagasy issus des universités d’Antananarivo et de Fianarantsoa, du Réseau national de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique (iRENALA), de l’Agence universitaire de la francophonie (AUF), de l’Armée malagasy et du monde des entreprises. Mais pourquoi le thème de la cybersécurité ? Le ministre a évoqué les cyber attaques dont le terrorisme servi par le numérique, les vols de données personnelles et d’entreprises, le piratage de sites web, etc. Ainsi, elle a rappelé l’importance des récents textes sur la cybercriminalité : « Il faut nous rendre à l’évidence que nous sommes vulnérables et qu’il faut préparer notre cyber défense. Et dans ce combat, Madagascar ne doit pas être le maillon faible ». C’est ainsi que le pays répond déjà à l’une des recommandations du sommet des chefs d’Etat de la francophonie de 2014 à Dakar, comme quoi il faut valoriser le dynamisme et la créativité des jeunes et des femmes. Après la Côte d’Ivoire, la Tunisie et le Vietnam, c’est au tour de la Grande Ile d’accueillir ce concours. Et Maurice fermera la marche en décembre prochain.
Fanjanarivo