CHRONIQUE de N. Razafilahy: Réalités politiques et mœurs comparées

L’objectif prioritaire pour le régime en place  serait de faire de ce sommet du mois de novembre un événement du siècle. Il y a lieu de faire gober à tout le monde qu’  il y va de l’honneur de notre pays. Notre île est même devenue le Centre du Monde…Mais pas encore le nombril du globe.  Il y a surtout deux impératifs pour qui ne souffrent d’aucune fausse note : la sécurité des invités et le respect des droits de l’homme.

On raconte que la crème des filous serait en train de mettre au point des « coups » de nature à rentabiliser ce sommet. Scénario numéro 1 : la ravissante catin pénètre dans la chambre d’un haut dignitaire étranger à qui elle demande : « Est-ce que je fais ton lit tout de suite ou je viens t’y rejoindre un moment ? ». A mi-chemin des ébats subséquents, la porte s’ouvre. Un homme se précipite dans la pièce en lançant : « Ma femme chérie ! ». Il menace violemment de faire scandale, à moins que le dignitaire étranger –nu comme un ver- ne donne immédiatement son portefeuille avec les codes secrets de ses cartes bancaires. Le pauvre, bien entendu, s’exécute sur-le-champ. Scénario numéro 2 :   Le dignitaire étranger reçoit le message téléphonique suivant sur le fixe de l’hôtel : « Vous vous ennuyez parce que vous êtes seul ? Consultez la dernière page de la Bible qui se trouve à votre chevet, et vous serez soulagé.» Il cherche le fameux livre, y trouve des noms et des numéros de téléphone. Il appelle le premier numéro. Au bout du fil, une fille à la voix charmante fait une proposition et accepte de se présenter dans la demi-heure qui suit. Elle arrive, se prête à quelques attouchements de la part du dignitaire et, au moment où la victime est bien alléchée, la ravissante créature lui présente une carte l’identifiant comme chargée d’enquêtes pour un journal international à scandales. Laissons aux lecteurs le soin d’imaginer la suite de l’histoire. A force d’ingurgiter des spots soporifiques à la sauce locale sur les vertus attendues de ce sommet de la Francophonie, on ne peut que se livrer à des élucubrations de ce  genre pour ne pas sombrer dans le délire ambiant.

Tous les râleurs et les indignés grognent dans les réunions hautement politiques et  dans les casernes, parce ce qu’ils sont frustrés à force de voir vivre dans le luxe et le confort scandaleux, les chefs et  les aînés bénéficiaires des avantages et richesses mal acquis depuis 2002 jusqu’à la fin de la Transition. Et pour se défouler, ils ameutent les médias… Face à ce ras-le-bol qu’ils n’arrivent pas faire sentir à leurs supérieurs, les sous-off et réservistes se rejoignent pour rappeler les engagements non respectés des Assises presque oubliées. Reconnaissons que, dans ces cas, nos blindés à tous les coins de rue ne sont que des foutaises, tout juste des épouvantails dangereux à double possibilités. Quant au deuxième impératif  sur les droits de l’homme et plus précisément les prisonniers politiques. Dieu sait s’il en existe dans ce pays ! En effet, les Madagasikarais non affiliés au HWM se considèrent tous comme tels dans la mesure où ils sont, parait-il, privés de la liberté d’expression. Les mauvaises langues disent que ce sont des démagogues, des factieux  qui rêvent d’être nourris par la République. La solution rêvée par les favoris de ce régime serait de : les délocaliser. Des esprits vicieux rêvent de faire prendre à ces rouspéteurs en permanence la direction d’une île appelée Kaytulugi très indiquée pour cela. On raconte qu’elle n’est pas habitée que par des femmes très grandes, très belles et bien en chair. A l’opposé des autres femmes, elles s’abstiennent de porter des jupes et se promènent toutes nues. Leurs poils pubiens, contrairement aux normes des pays soi-disant civilisés ne sont pas rasés, ce qui est une provocation imparable. Elles sont très «dangereuses» pour tout homme qu’elles arrivent à saisir, à cause de la violence de leur passion sexuelle. 

Toujours à propos des mœurs : une expérience fut tentée sur une petite île d’Indonésie il y a très longtemps. « Les seuls symboles de prestige connus par les habitants étaient les cochons pour lesquels ils avaient une telle estime que les tribus voisines disaient que leur taux d’échange était d’un cochon contre deux épouses. Donald Wise, mis en présence du chef de l’île et des anciens, sortit de son sac un transistor et capta Radio Jakarta. « Cet homme vous parle d’un endroit qui est à de nombreux jours de marche d’ici.» annonça Mr Wise. L’interprète  anglo-indonésien traduisit en indonésien. La réponse de ses interlocuteurs : « Peut-il retrouver le cochon que j’ai perdu ? » A la suite de la réponse négative de Mr Wise, le chef et les anciens haussèrent les épaules et ne prêtèrent plus aucune attention à cette rencontre historique.» (« Mœurs et coutumes tribales » / Martin Page, éd. Robert Laffont, S.A, 1973.) Sans pourtant exagérer du tout, les Madagasikarais, à leur tour, peuvent eux aussi demander aux organisateurs de ce sommet du siècle : « Ce sommet peut-il faire baisser le prix du kilo de riz et la facture de la Jirama ? »

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