Cataclysmes en série: Le silence tonitruant du gouvernement !

Des incendies ayant ravagé des centaines de maisons un peu partout à Madagascar, la grave insécurité alimentaire qui touche le Sud du pays, les attaques à mains armées et les vols de bovidés… Le pays assiste à d’innombrables cataclysmes. Mais avant-hier, le premier ministre, sur un air romantique, a déclaré au Colbert que l’essentiel ne se disait pas mais se montrait ! Malgré tout, il a lancé un appel à la solidarité pour le peuple haïtien. Pour les Malagasy débordés par la pauvreté et d’autres cataclysmes comme évoqués ci-dessus, le gouvernement garde un silence tonitruant et se contente d’actions temporaires. Citons les dons en tous genres comme les vivres, les couvertures et autres ustensiles… Est-ce l’essentiel qui se montre ? Apparemment non puisque le fond du problème n’est pas pris en compte. Particulière-ment pour la capitale, de nombreux quartiers de la zone basse étaient déjà inondés dès la première pluie, il y a quelques semaines de cela. Nombreux sont les habitants de ces zones à craindre de graves inondations cette année, d’autant plus que la météo prévoit de fortes précipitations pour la saison cyclonique 2016-2017. Le curage des canaux ne suffit pas dans ce cas-là.

En fait, il faut engager un lourd investissement pour élargir le bras du fleuve Ikopa en aval de la capitale. Sinon, les eaux refluent sur Tanà lorsque la pluie tombe en abondance et sur une durée assez longue. Seulement, les décideurs se contentent de budgétiser uniquement les travaux habituels de curage des canaux. Quant aux incendies répétitifs, ils touchent essentiellement des cases en bois ou dont la toiture est en chaume. Ce type de construction ne peut qu’être vulnérable face à d’éventuels incendies. Notons que plus du quart, soit 31,4% des habitations à Madagascar sont en écorce, en feuille et en tige, selon la dernière Enquête auprès des ménages (EPM 2010) de l’Institut national de la statistique (INSTAT). Un chiffre qui en révèle d’autres et plus précisément celui de l’ONU Habitat, comme quoi 72 à 73% des constructions sont des bidonvilles. Quelle politique le gouvernement engage-t-il pour remédier à ces problèmes ? Une politique de logements sociaux a été évoquée en 2010. Mais depuis, rien de bien concret n’est mis en route. Et en 2014, il était question de concertation pour l’élaboration de la politique du logement. Mais seule la loi sur l’urbanisme et l’habitat a été promulguée en 2015.

Qu’en est-il de la politique d’épargne logement et d’autres mesures pour permettre au grand nombre d’accéder à un logement décent et non exposé à des cataclysmes comme l’incendie, le cyclone, le tremblement de terre ? En Afrique, des pays négocient avec les Chinois pour financer d’importants projets de logements, contre des ressources naturelles. Sur la Grande Ile, l’or et bien d’autres ressources du sous-sol sont exploités par les Chinois contre les traditionnels impôts et taxes qui vont avec, ainsi que les redevances parafiscales édictées par les textes en vigueur. Le gouvernement ne cherche pas à tirer le maximum de la présence d’investisseurs chinois à Madagascar.

Fanjanarivo

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