chronique de Razafilahy: Le margoulin est de retour
Pendant qu’à Tsimbazaza les députés sont préoccupés par des problèmes d’avantages matériels (tickets carburants et autres extras attachés à leur fonction d’élus du peuple qui ne se privent de rien, au Sénat le torchon brûle toujours et le feu couve sous la cendre parce le Bureau Permanent est pointé du doigt par leurs pairs et par le personnel administratif. Dans la rue, les taxis ont arrêté de circuler pour mettre en place un organe professionnel chargé de les représenter devant une administration communale aux visées pas très claires…
Sur fond de décisions de justice très médiatisées sur les contestataires de Soamahamanina et consorts condamnés à des peines de sursis et les incidents de noctambules qui ont valu aussi des peines de sursis également aux parents du député de Majunga Rahantanirina Lalao, l’arrêt de travail très suivi des chauffeurs de taxis ont surpris plus d’un… Cet amalgame de faits qui n’ont pas échappé au commun des mortels a relégué au second plan, les agitations de l’Assemblée Nationale, où les élus toutes tendances confondues avaient tenu tête à une délégation du ministère des Finances et du Budget venue pour servir de bouclier humain à un Argentier qui avait d’autre chat à fouetter ailleurs. Face à des membres de cabinet et des bureaucrates sans aucune délégation de pouvoir, les locataires n’ont fait que se défouler de vive voix pour rappeler à des subalternes qu’on ne tient pas du tout compte de leurs multiples droits oubliés et leurs frustrations de se voir sevrés de certains volets de leurs droits pour insuffisance budgétaire. Ils ne sont pas les seuls à se plaindre de cette situation incompréhensible sur le plan de la gestion financière. Certains d’entre eux déplorent que des membres de cabinet aient pu avoir droit à de véhicules couteux neufs. Alors que les gendarmes, policiers et militaires chargés de la sécurité du Palais de l’Assemblée Nationale eux-mêmes se plaignent des retards de paiements de leurs droits…Qu’on s’étonne donc pas si le malheur des habitants de Soamahamanina se trouve réduit à des dossiers judiciaires au détriment de la population. Personne n’a jamais pensé à voir ce problème de société sous un autre angle dans le sens d’une spoliation soutenu par l’argent sale de la braderie pure et simple d’une partie du territoire de Madagascar à des…étrangers de surcroît.
A propos justement de ce litige de Soamahamanina, un examen récapitulatif de la chronologie des dossiers et des faits nous permet de constater que certains faits saillants du dossier ont été sciemment laissés de côté pour privilégier les facettes avantageuses des investisseurs étrangers. Pourquoi les organes de contrôle, la Police et la Gendarmerie Nationale n’ont jamais retenu cet aveu spontané d’un cadre de la Société Jiuxing Mines devant témoins est une révélation à retenir car ce dernier avait affirmé que : « les investisseurs étrangers avaient déjà payé trop cher » des décideurs nationaux hauts placés pour faire machine arrière. Des droits et des redevances ont été acquittés ou s’agirait tout simplement d’une allusion à des fortes sommes de billets de banques ou de versements vers des comptes bancaires au profit de telle ou telle personne de premier plan dans l’entourage de la Présidence. Parce qu’après la lecture du verdict des accusés, à la sortie de l’audience les langues se sont déliées pour faire état de confidence sur un montant de plusieurs dizaines de milliards offerts à des personnes ressources qui auraient facilité l’installation et assuré le soutien aux investisseurs. Bref, il y aurait eu corruption grand format au profit de grosses légumes de la République. Pourquoi personne ne s’en soucie pour ouvrir des enquêtes dans ce sens. Parce qu’il s’agit de pure affabulation ? Quoi qu’il en soit, il y a deux poids deux mesures. Pourtant le nom d’un membre de cabinet du premier cercle, souvent mêlé à des affaires de corruption, de trafic d’or et même de kidnapping a été cité par des sources qui n’ose pas rendre public de telles informations par crainte des représailles.
Quant aux problèmes existentiels et purement professionnels des chauffeurs et propriétaires de taxis, le drame ne fait que commencer. Sans montrer les objectifs commerciaux réels de projet de réforme dans l’exercice de la profession du transport urbain, le couple Marc-Lalao est en train de réaliser enfin une opération ratée durant la présence du mari affairiste monopoliste à la tête de l’Etat. Il était question en ce temps-là de lancer dans les rues de la capitale des voitures de marque Golf que les exploitants et les chauffeurs intéressés devront payer à Qui-vous-savez aux prix fixé par ce dernier. Cette vaste tromperie n’a pu heureusement aboutir, parce l’initiateur caché a été emporté par les vagues des manifestations populaires de 2009. Mais voilà que le grand monopoliste refait surface et il tient mordicus à se servir et exploiter les services des taxis à des fins personnels sans en avoir l’air. Pour commencer, les services de la Commune Urbaine proposent de mettre en place des mesures de contrôle qui, en fin de compte vont servir à exclure ceux qui ne veulent pas se plier à ce vaste racket qui ne dit pas nom. Tracasseries administratives et obligations de payer des exorbitantes finiront par avoir raison des fortes têtes. Le savoir-faire monopoliste très professionnel de l’aigrefin, cet homme d'affaires peu scrupuleux fera le reste. Se rappeler des révélations des observateurs de France 24, cet homme d’affaire peu scrupuleux en l’an 2002 «a imposé le monopole de son entreprise TIKO sur tous les secteurs de l'économie malgache. Très vite, il a organisé l'économie malgache selon les intérêts de son entreprise. Les différentes détaxations qui ont fait très mal à l'économie du pays ont été adoptées selon les besoins du moment de son entreprise. Il confond les affaires publiques et les affaires privés, ses entreprises ne paient pas d'impôts (…) Les exemples sont nombreuses où il a fermé des entreprises qui marchent pour les remplacer par les siennes, mettant à la rue des milliers d'employés. » Il faut avoir vraiment la mémoire courte pour ne pas comprendre dans cette offensive dans les rues de la capitale que Ramose est de retour !