Jiramaty: Bornes-fontaines en panne sèche
Si les pannes d’électricité agacent au plus haut point, les coupures d’eau, quant à elles, rendent fou car elles empêchent les honnêtes gens de laver leur corps, leurs aliments et leurs vêtements. Sachant que l’eau symbolise la vie, couper l’eau revient à suspendre la vie. Les populations qui vivent dans les régions arides ou quasi-désertiques du sud de l’île sont habituées, malgré elles, au manque d’eau chronique mais pas les habitants des grandes villes. Dans la capitale et sa périphérie, les entreprises et les ménages haussent le ton à la moindre coupure d’eau. Toutefois, inégaux devant les pénuries d’électricité, nous le sommes également devant les coupures d’eau. En effet, lorsque survient une coupure d’eau, les foyers les plus modestes, qui n’ont pas accès à l’eau courante, sont désorientés parce qu’ils ne peuvent plus se ravitailler auprès des bornes-fontaines publiques. Les femmes et les enfants doivent faire la queue avec leurs bidons jaunes et leurs seaux pendant des heures sous un soleil de plomb, en attendant le bon vouloir de la Jirama. C’est la mêlée lorsque l’eau revient. La Jirama se dépêche pour rétablir l’eau dans les quartiers résidentiels et huppés mais elle prend tout son temps quand les coupures d’eau affectent les zones populaires. Les bornes-fontaines en panne sèche, et leurs conséquences sur la santé et sur l’hygiène des personnes à faible revenu, n’intéressent guère les autorités politiques.
M. GASPARD
Commentaires
S’abonner au flux RSS pour les commentaires de cet article.