Dépenses sociales: Une maigre hausse de 0,1%
La malnutrition chronique frappe 50% des enfants de moins de 5 ans, alors que plus de 70% des communes du Sud risquent fort de basculer dans la sous-alimentation. Les mendiants croissent en nombre dans les rues des grandes villes et dans la capitale, il n’est plus rare de voir sur les trottoirs des familles entières mendier… Bref, la liste est très longue si l’on doit énumérer les malheurs sociaux qui frappent une bonne part de la population. Face à cette catastrophe sociale et humanitaire, le gouvernement a jugé d’augmenter de seulement de 0,1% les dépenses sociales pour 2017, soit 36 milliards Ar. Il se permet toutefois d’allouer d’importantes subventions à la Jirama, une société en perpétuelle crise. Cette année, il lui a donné 300 milliards Ar et une rallonge de 40 milliards Ar. Il est pourtant question de réduire progressivement ces subventions. Dans le projet de loi de finances 2017, les subventions pour la Jirama devraient passer à 250 milliards Ar. Mais il faudra attendre pour voir si la réduction va avoir lieu de manière effective ou non. Car ce n’est pas pour la première fois que l’Etat promet de le faire sans y arriver. Quoi qu’il en soit, l’entretien de la crise de la Jirama est nettement plus prioritaire pour le gouvernement que la masse de population qui a besoin d’actions sociales urgentes pour l’aider à souffler un peu et à sortir la tête de la misère.
Ces différents chiffres le prouvent. Les subventions pour la Jirama sont près de 7 fois la hausse des dépenses sociales pour 2017. Toutefois, cette société nationale d’eau et d’électricité ne dessert que 15% de la population concernant l’électricité, alors que le taux d’accès à l’eau potable n’est que de 52%. L’eau non potable est pourtant à l’origine de pertes socioéconomiques importantes incluant les soins médicaux et les arrêts de travail et les absences à l’école. Ainsi, la priorisation des dépenses publiques est encore loin de répondre aux besoins réels et urgents de la population. Certes, l’eau potable et l’électricité sont indispensables au développement et à la croissance, mais le taux d’accès respectif à ces services demeure encore faible. Les clients de la Jirama le savent pourtant : les méga subventions accordées tous les ans à cette société n’ont pas du tout contribué à relever ces taux ou à améliorer la desserte tant en eau qu’en électricité. Dans ce cas, le redressement de la Jirama est la voie la plus rapide pour réduire les subventions et affecter celles-ci à des actions sociales et à des projets de développement. De quoi réaliser le développement inclusif scandé par le gouvernement et les bailleurs de fonds. Avec la structuration des dépenses publiques actuelles, il est pourtant illusoire de compter sur un tel type de développement.
Dans le projet de loi de finances 2017 pourtant, le gouvernement souligne : « En complément des réformes structurelles, l’objectif de développement inclusif et durable requiert des dépenses publiques plus importantes dans les infrastructures, les secteurs sociaux et le développement rural… Le gouvernement continue de prioriser davantage les projets ayant des effets directs sur l’environnement socio-économique de la population. En effet, Madagascar s’est engagé à augmenter d’au moins 0,1% du PIB (soit 36 milliards Ar) ses dépenses sociales pour l’année 2017 par rapport à 2016 ». Mais peut-on parler de priorité sociale avec cette maigre hausse ?
Fanjanarivo
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