Vraiment pour les apatrides ?
Un haut responsable du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (Unhcr) est actuellement dans nos murs et a été reçu au palais d’Iavoloha par Hery Rajaonarimampianina. Selon les médias officiels, l’entrevue a surtout porté sur les apatrides (sans patrie) de Madagascar, au nombre d’environ 700. Il s’agit notamment d’Indo-Pakistanais dont certains sont implantés dans l’île depuis des décennies. Mais on s’étonne que ce haut fonctionnaire se soit déplacé pour seulement 700 apatrides, et n’ait pas abordé d’autres sujets plus brûlants. Comme la crise migratoire en Europe, avec des centaines de migrants qui traversent quotidiennement la Méditerranée.
Beaucoup de pays ont déjà fermé leurs frontières à ces réfugiés et demandeurs d’asile, et d’autres se montrent de plus en plus réticents en raison de l’hostilité de leurs populations. Comme l’Unhcr a pour tâche de gérer les mouvements massifs de migrants, la question a peut-être été « effleurée » à Iavoloha. Comme, par exemple, sous la forme d’un sondage des dispositions de Madagascar. A la demande des pays d’Europe en effet, l’Unhcr prospecte d’autres points de chute possibles des migrants. Et ce, afin que la forte pression sur l’Europe connaisse une baisse, même provisoire.
Un pays comme Madagascar, où la paix règne et où les habitants sont par tradition accueillants, est un possible candidat. Si Hery Rajaonarimampianina a approuvé, on verra bientôt chez nous des Syriens, Irakiens, Afghans, Erythréens et autres Soudanais qui fuient leurs pays en guerre ou en situation d’instabilité. Les pays d’Europe accordent d’ailleurs d’énormes crédits aux contrées qui acceptent d’ouvrir leurs frontières… Chez nous, le régime ne dirait pas non, comme il n’a pas dit non aux Chinois qui s’installent maintenant un peu partout dans l’île. Si on touche à ceux-là, le régime déploie les forces de l’ordre pour les protéger, quitte à taper sur les nationaux comme à Soamahamanina…
A.R.