Didier Ratsiraka: Déjà la propagande ?
L’amiral Didier Ratsiraka, accompagné de son épouse Céline, a reçu un accueil chaleureux samedi à Fianarantsoa. De l’aérodrome de Beravina jusqu’au lieu du meeting à l’hôtel Soafia, l’homme dans une voiture découverte, a été acclamé par la foule des passants. Dans le comité d’accueil, citons surtout le secrétaire national de l’Arema Simon Pierre, l’ex-chef de la province Ralahady Jean-Marie, l’ancien chef de région Raharison Benjamin (récemment tabassé par des hommes de main du régime), l’ex-maire Pety Rakotoniaina, la mère de l’ex-Premier ministre Tantely Andrianarivo… Interrogé par la presse sur sa tournée dans les provinces qui ressemble déjà à une propagande avant la lettre, l’amiral a répondu ainsi : « Pourquoi assimiler à de la propagande mes visites dans les provinces ? Je suis revenu à Madagascar en 2013, depuis, soit pendant trois ans, je ne suis pas sorti de la capitale. Vous voulez donc que je ne bouge pas de Tana, que je passe mon temps à regarder la télé et à dormir ? ». Dans un passage de son discours en tout cas, Didier Ratsiraka a prôné le respect de la Constitution et a demandé à ce qu’on laisse le régime terminer son mandat. Ce qui fut diversement apprécié par l’assistance qui n’a pas unanimement approuvé ce point de vue. Un dernier extrait de ce discours, se rapportant à la résolution d’empêchement engagée par l’Assemblée nationale contre Hery Rajaonarimampianina l’année dernière : « Ils mentent ceux qui disent que j’étais derrière cette tentative de renversement du président Hery Rajaonarimampianina à Tsimbazaza. Je n’ai pas de mallette (ndlr: bourrée de billets) à transmettre à Tsimbazaza, moi qui ai déjà du mal à trouver de quoi faire vivre ma femme et mes enfants… ».
L’amiral a conservé une certaine audience dans la capitale du Betsileo. Quand il était chef d’Etat sous la Révolution, ses deux premiers chefs du gouvernements étaient des natifs du pays betsileo : le colonel Joël Rakotomalala (décédé dans un accident d’hélicoptère) et le juriste Justin Rakotoniaina. De retour au pouvoir en 1997, il en prendra un autre : Tantely Andrianarivo.
A.R