CHRONIQUE: Du rififi entre courtisans

Il n’est plus possible de dissimuler davantage les zizanies, crises de jalousie et défiances partisanes entre les barons de la 4ème République. Tôt ou tard, il faut bien que la mésentente et les querelles de chapelle entre les hommes au pouvoir s’étalent au grand jour. Après les petites phrases assassines, les commérages salissants et les indiscrétions dirigées par voie de presse et par médias interposés, les quelques ministres et parlementaires irrités par ce climat de démolition calculé ont choisi de passer par une conférence de presse pour officialiser une profession de foi et fidélité au Président de la République. Au fait, en avait-il vraiment besoin ?

Le plus officiellement du monde, samedi dernier, un groupe de personnalités ont choisi de clarifier la situation en ce qui concerne les ministres et députés favorables au pouvoir actuel sans toutefois être des adhérents du parti HVM. Au cours d’une conférence de presse sous les toits  de l’Hôtel Colbert, ils ont  livré à la presse les raisons de leur choix et les motivations qui les animent en optant pour un soutien sans faille au Président Hery Rajaonarimampianina, sans toutefois accepter une vassalisation de la part du parti HVM.  C’est justement cette position d’équilibriste qui provoque problème. A force de se cantonner dans ce refus de se soumettre totalement à la  domination du parti présidentiel c’est bien cet entêtement affiché et les déclarations de trop qui fâchent les grosses têtes du Palais. On veut des valets soumis. Parce qu’ils n’ont pas besoin de ces grandes gueules qui réagissent et s’étalent en plein page dans les journaux. Depuis quelques temps, les ministres  et parlementaires exogènes ne  se sentent pas du tout à l’aise, parce qu’ils font l’objet d’une  forme d’exclusion très subtile et à peine perceptible. Ils font même l’objet d’attitudes  qui frisent le mépris et le dédain de la part des proches et  du premier cercle qui les considèrent tout juste comme des collabos. Issus d’horizons divers ces ministres et ces élus du parlement ont rejoint la « Force Nouvelle » au point  de renier leur premier amour. Il se trouve qu’actuellement, les Jean Jacques Rabenirina, les Maharante et les Ramanantsoa, les Mara  Niarisy éprouvent le besoin salutaire  et tactique d’unir leurs forces et  faire preuve de beaucoup plus solidarité  tactique pour éviter d’être « largué » à la première occasion. La déclaration commune de samedi dernier   obéit à un réflexe de prudence et à une réaction préventive pour éviter les mauvaises surprises des abrogations intempestives en cas  de malheur.

La loi de la sélection naturelle étant ce qu’elle est, les décideurs du parti HVM ne cachent pas leur méfiance  envers ces transfuges qui n’ont pas hésité à renier leur parti d’origine pour les privilèges et les  avantages qui vont avec de tel retournement de veste. On ne peut en vouloir aux caciques du parti présidentiel surtout que pour les bourdes, les faux-pas et les maladresses politiciennes de ces alliés encombrants, c’est tout l’exécutif et le Président en  personne qui sont éclaboussés. Quoi de plus raisonnable et logique  si les fils naturels du parti au pouvoir font comprendre à ceux d’en face qu’ils ne sont que véritables parvenus et des opportunistes. Le Chef de l’exécutif ne peut que tirer avantage d’une telle situation. Il voit ainsi des  arrivistes s’arrimer un peu plus dans son sillage. C’est à cause de pareilles méfiances mêlées de la hantise d’être relégués  de seconds couteaux par rapport à ces étrangers dans « la maison du seigneur » que dans les coulisses du pouvoir, les médisances prennent le pas sur l’alliance de fait. Coïncidence ou fait du hasard, il se trouve que si l’un ou l’autre des ministres sans cravate bleue enregistrent un succès dans tel ou tel secteur, ou arrivent à se démarquer pour avoir réussi à montrer de quoi il est capable, tout de suite après, il subit un retour de manivelle spectaculaire… Les malheurs spectaculaires retentissants d’un Honoré Rakotomanana ou d’un  Gervais Rakotoarimana fait réfléchir et incite à se poser des questions sur la malveillance d’une minorité d’affairistes notoires toujours prêts à s’en prendre à un décideur haut-placé qui ne se plie pas leurs quatre volontés de corrompus professionnels patentés. Ils ont raté de justesse, le ministre des Finances et du Budget qui, animé d’une honnêteté morale civique aurait refusé de couvrir certaines opérations mafieuses en douanes. Et c’est dans un climat aussi délétère que doivent se mouvoir les hommes au pouvoir pour satisfaire les appétits insatiables de Fatsouraly et Cie, ces hommes d’affaires sans scrupule qui ne pensent qu’à leurs intérêts commerciaux égoïstes dans les  secteurs de l’Import-Export. Faut-il encore faire un dessin, montrer des photos et donner des noms pour vous convaincre ?  Souvenons-nous toujours de  ce proverbe chinois qui disait déjà : « L’endroit le plus sombre est sous la lampe ! »

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