Egalité femme-homme: Un levier fondamental pour un développement juste et durable
Souvent, nous parlons de l’égalité femme-homme, seulement la mise en pratique de l’approche genre et développement reste à maîtriser. Les enjeux et les risques sont vastes sur les inégalités femme et homme. Les femmes constituent les 2/3 des analphabètes dans les pays du Sud. Sur 140.000 d’enfants de 6 à 11 ans non scolarisés, 66% sont des filles. Parmi les réfugiés, 80% sont des femmes. Les femmes sont également les principales victimes de Sida. 80 à 90% des familles pauvres ont pour chef de famille une femme, un tiers des ménages dans le monde sont sous la responsabilité d’une femme. La participation politique des femmes est très limitée. Plus de 32% des femmes sont confrontées à la violence domestique. 4 millions des femmes sont victimes du trafic des êtres humains à des fins de commerce sexuel. « … Les écarts entre femme-homme sont visibles partout et sous de multiples formes et contextes. La diversité d’angles de vision, le degré d’accès aux ressources, à l’éducation et la justice sont des atouts majeurs pour une prise en compte concrète de l’égalité de genre dans les politiques et stratégies. « Genre en Action » est un pilier essentiel des droits de l’homme dans toute perspective de développement qui se veut juste et durable … » confirme Mme Fatma Elkory Oumrane (Mauritanie), co-présidente du réseau « Genre En Action » lors d’une interview exclusive pour La Gazette, durant sa contribution lors à la Xème Conférence des OING et des OSC. « Les femmes sont des actrices fondamentales du développement. Alors, elles doivent être traitées comme telles. La prise en compte de l’égalité de Genre participe indéniablement, comme prouvée par les études et recherches, au développement durable. L’accès aux services de base, aux ressources et moyens de production, aux prises de décision, à la justice, aux NTIC doivent être un droit fondamental et non négociable des femmes autant que des hommes pour un développement équitable et durable et une société juste et harmonieuse », a affirmé également Jeannine Ramarokoto Raolimiadana, membre fondateur du réseau « Genre En Action » et de son conseil d’administration, membre fondatrice de SIMIRALENTA (Madagascar). Ce réseau international à statut d’association (France) s’active pour la réduction des disparités entre les femmes et les hommes, dans une approche Droits de l’homme et développement durable. Créé depuis 2003 sous forme de réseau regroupant plus de 3.000 membres, et devenu association, « Genre En Action » (GA) est un espace d’échange, d’information, de formation, de plaidoyer, de partenariat, de recherche et de visibilité Nord-Sud-Nord. Malgré la modestie de ses moyens, mais grâce à l’engagement de ses membres, à leur diversité, la multitude de leurs capacités et qualités, GA a toujours assuré souvent dans l’ombre, des avancées considérables pour l’égalité de genre notamment en terme de plaidoyer et de renforcement de capacités, mais aussi d’ innovation et de créativité. Par ailleurs, le réseau est aussi un « incubateur » de synergies entre ses membres avec les multiples occasions de « croisement » entre leurs actions voire leurs activités, leurs visions et leurs engagements respectifs. Bref, une volonté politique forte pour remettre en question les rapports de pouvoir actuels et viser une meilleure efficacité et équité. Ainsi, une politique féministe s’avère nécessaire afin de pallier à ces disparités femme-homme pour un développement juste et durable. Au demeurant, le non reconnaissance des enjeux de genre est à la fois un facteur de persistance des injustices sociales et de l’inefficacité des politiques et des programmes, ainsi que des projets nationaux et internationaux. Enfin, les organisations telles que le réseau GA qui s’activent en faveur de l’égalité de genre, méritent d’être soutenues par toutes les instances de financement onusien, gouvernementales et toutes les autres. Des efforts restent à faire. Le WEF, atteste que le fossé entre les sexes a atteint en 2016 59% dans le domaine économique.