Edito: Députés à plaindre…

Pour tenter d’obtenir le véhicule 4x4 auquel ils aspirent, des députés secouent vigoureusement le ministre des Finances et du Budget, Gervais Rakotoarimanana.D’autres tentent de le prendre par la pitié, comme Randriamahefa Henri Charles (député indépendant de Moramanga) qui a tenu hier les propos suivants : « Beaucoup de députés circulent en bus, en taxi-be, en taxi ou même à pied. En les voyant ainsi, même leurs électeurs les plaignent et sont attristés. Est-ce donc un péché que de réclamer ce véhicule 4x4, d’autant que les 50% du prix seront remboursés par les députés… ».

Première remarque : lors des législatures précédentes, beaucoup de députés ne se sont pas acquittés des 50% indiqués. Le régime ne sait que faire pour les contraindre ou pour les sanctionner, le cas n’étant pas prévu par nos lois. Deuxième remarque : en attendant le sort de la demande, la plupart des députés étrennent déjà des véhicules 4x4 flambant neufs. Pour cette raison, le parking du palais de Tsimbazaza ressemble à l’espace d’exposition d’un concessionnaire automobile. Apparemment, les concessionnaires accordent aux députés la formule « vente à tempérament » (paiement par mensualités) au vu du salaire, des indemnités et primes de ces élus.

En tout cas, si c’est Randriamahefa Henri Charles qui se fait le porte-drapeau des députés qui réclament le véhicule 4x4, il ne sera pas cru par les interlocuteurs officiels. Car élu pour la première fois député de Moramanga sous l’étiquette Arema en 1998, cet ex-fédéraliste est actuellement en possession d’une belle flotte de 4x4. A chaque nouvelle législature en effet, tous les députés, même ceux déjà gratifiés auparavant, se voient remettre un 4x4 neuf par l’Etat. Beaucoup de députés font d’ailleurs du business avec leurs véhicules, en les louant. Ou en les vendant neufs et en achetant d’autres de seconde main avec la recette. Nos lois sont aussi muettes sur toutes ces transactions…

  1. R.

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