Corruption à l’école de gendarmerie: Un général inculpé !
En tout, 5 officiers de gendarmerie dont un général de division sont impliqués dans l’affaire de corruption relative au concours d’entrée à l’Ecole de Gendarmerie nationale d’Ambositra. Suite à leur convocation, ils se sont présentés hier à la chaîne pénale anti-corruption avec les 8 civils inculpés dans cette affaire. Mais après l’instruction préliminaire du dossier transmis par les enquêteurs du Bianco, les juges ont renvoyé tout le monde à la maison en attendant l’ordre de poursuite à l’encontre des 3 officiers inculpés, les 2 autres ayant été convoqués à titre de témoins.
Il faudra donc être patient avant de connaître l’épilogue de cette affaire qui a commencé dans le courant du dernier trimestre de l’année dernière. Le recrutement d’élèves gendarmes comme tout autre fonctionnaire de l’Etat étant réputé monnayé à prix fort, des mesures ont été prises pour essayer de contrôler tout concours organisé par l’Administration malgache.
Ce système de contrôle ayant permis de décéler des anomalies, les enquêtes qui ont été entamées depuis ont permis au Bianco de déferrer au parquet de la chaîne pénale anti-corruption 11 personnes dont les 3 officiers généraux et supérieurs de la Gendarmerie nationale. Sans pour autant faire abstraction de la présomption d’innocence, peut-on d’ores et déjà parler de gros poisson ?
On reproche, en effet, au Bianco de n’avoir jusqu’à présent traité que du menu fretin. Les grosses pointures comme les trafiquants de bois de rose se sont enfuies dès qu’elles ne sont plus sous le contrôle du Bianco. Cette fois-ci sera-t-elle la bonne avec un général de division à la tête d’une affaire ?
D’ores et déjà, on voit l’opinion réclamer une sanction exemplaire. Ce genre de sanction ne devrait cependant pas exister car elle sous-entend une décision judiciaire prise pour servir d’avertissement aux uns et aux autres mais non sur la base de la culpabilité des inculpés. Ce dont on souhaite est qu’on apporte les preuves de la culpabilité des inculpés pour montrer qu’aussi difficile soit-elle à discerner, la corruption peut être très bien décelée et doit être punie sévèrement. C’est par cela seulement que l’on commencera à croire au Bianco, que l’opinion soit convaincue que l’inculpation du général n’est pas pour amuser la galerie de la francophonie à qui on veut faire croire que la lutte contre la corruption n’est pas une blanque du président Rajaonarimampianina.
Dans la logique, les preuves aussi accablantes soient-elles sont le meilleur moyen de redorer le blason de la Gendarmerie nationale qui comme l’ensemble des forces armées et de l’administration, souffre terriblement des quotas régionaux institués sous l’amiral Ratsiraka. A l’Académie militaire d’Antsirabe, aux Ecoles de la Police et de la Gendarmerie nationale et même pour l’équipe nationale de football, ce critère d’origine était prédominant. On ne parlait pas encore de corruption avec des espèces sonnantes et trébuchantes. Mais le premier scandale éclatait à la fin des années 90 quand les hauts responsables de la Gendarmerie ont constaté le niveau lamentable des élèves gendarmes. Tous ceux recrutés sans le niveau requis furent renvoyés chez eux. On croyait que la compétence devenait la règle malgré tout. Mais c’était sans compter sur les évènements de 2002 à la suite desquels des responsables exclus du commandement pour faute grave et incompétence se retrouvent au plus haut niveau de la hiérarchie.
Ceci expliquant peut-être cela, la Gendarmerie, ce corps si prestigieux qui constitue l’un des socles de l’Etat de droit, perd d’année en année de sa superbe. Depuis, il est réputé qu’il faudrait payer la somme de 5 millions Fmg puis un montant en hausse atteignant aujourd’hui 75 millions Fmg pour pouvoir réussir le concours et intégrer l’école. Il semblerait que ce montant de 75 millions Fmg ou 15 millions Ar soit le « tarif » établi pour se faire intégrer au bas de l’échelle de la fonction publique.
Salomon Ravelontsalama
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