SOMMET DE LA FRANCOPHONIE: Des chefs d’Etat déjà …en route
Le sommet de la Francophonie ne connaîtra certainement pas le « flop » du sommet du Comesa où seuls deux chefs d’Etat étrangers sur 18 ont daigné faire le déplacement d’Antananarivo.
Pour le grand rassemblement de la Francophonie (26 et 27 novembre), les chefs d’Etat se montrent plus motivés, certains ayant déjà quitté leurs pays pour se rendre à Antananarivo …par le chemin des écoliers. Citons le président ivoirien Alassane Ouattara qui a mis le cap hier sur Madagascar, mais en transitant dans des pays tiers. Selon l’agenda de la Présidence de la République ivoirienne, l’homme a quitté Abidjan le 13 novembre pour Marrakech (Maroc) où se déroule le sommet dit Cop 22 sur le changement climatique. Après quoi, le chef d’Etat ivoirien cinglera vers Paris où il aura un entretien avec le président François Hollande le 22 novembre au palais de l’Elysée. Le 25 novembre, il débarquera à Antananarivo pour participer au sommet de la Francophonie dont le thème est « Croissance partagée et développement responsable ». Notons qu’Alassane Ouattara a déjà mis les pieds à Madagascar en 1994, avec son épouse Dominique, du temps où il était vice-président du FMI.
D’autres chefs d’Etat de poids ont aussi annoncé leur venue, comme le Français François Hollande qui, en marge de l’Assemblée générale de l’Onu le 22 septembre dernier à New-York, a tenu les propos suivants : « La France est le premier des pays francophones, et son président a vocation à se rendre partout où se tiennent les sommets de la Francophonie ». Notons d’ailleurs que l’équipe de l’Elysée chargée de préparer les voyages du chef d’Etat français (sécurité, protocole, logistique et intendance, liaisons etc.) est déjà à pied d’œuvre depuis une semaine à Antananarivo.
On signale également la venue du premier ministre du Canada Justin Trudeau. L’homme se chargera à Antananarivo de présenter la candidature d’une nouvelle province du Canada (après le Québec et le Nouveau Brunswick, déjà membres à part entière de l’Organisation Internationale de la Francophonie)), l’Ontario. Comme il s’agit de la région (capitale: Toronto) où résidait Michaelle Jean avant son avènement au poste de secrétaire générale de la Francophonie, l’adhésion de l’Ontario dit-on est pratiquement acquise.
Citons enfin le roi du Maroc Mohammed VI dont la venue a été annoncée par une personnalité qui a autorité : l’ambassadeur du Maroc à Antananarivo, Mohammed Amar. Selon ce dernier, le souverain chérifien se rend pour la première fois à un sommet de la Francophonie en invoquant le motif suivant : « Parce que c’est Madagascar ». Notons en effet qu’en 1954-1955, son grand-père le roi Mohammed V a été exilé à Antsirabe par le colonisateur français. Ce monarque a été vivement impressionné par l’hospitalité et la gentillesse de la population d’Antsirabe à son endroit, et en a fait part à son entourage et à son peuple. Lors de son séjour malgache d’ailleurs, l’actuel roi Mohammed VI se rendra à Antsirabe pour poser la première pierre de deux grands projets financés par le gouvernement marocain: un hôpital de protection maternelle et infantile et un centre de formation professionnelle destinés à mille élèves par an. On apprend que la princesse Lallah, née en 1954 à Antsirabe lors de l’exil de son père, pourrait faire le voyage de Madagascar, aux côtés de la centaine d’opérateurs économiques marocains.
Tout ceci indique que la tenue du sommet est déjà proche dans le temps. La venue d’un nombre record de chefs d’Etat étrangers pourrait laisser l’actuel régime de marbre. Voici en effet les propos de la ministre des Affaires étrangères Atallah Béatrice pour minimiser le fiasco du sommet du Comesa : « La présence des chefs d’Etat étrangers n’est pas importante. Car ils se font représenter au sommet… ». Bref, si le régime pavoise en énumérant les chefs d’Etat présents, il provoquera le rire…
Adelson RAZAFY