CHRONIQUE de N. Razafilahy: En réalité, qui n’est pas politiquement correct ?
A l’époque des temps bibliques, c’était l’Orient qui dictait au reste du monde connu les attitudes et la manière de vivre, puis ce fut le tour de la Grèce antique à laquelle succèdera l’Europe avec les idées de la Révolution de 1789-1799 suivie par l’esprit de l’élite des Lumières du Nouveau Monde jusqu’à la Déclaration des Droits de l’Homme en 1948 «considérant la reconnaissance de la dignité inhérente à tous les membres de la famille humaine et de leurs droits égaux et inaliénables constitue le fondement de la liberté, de la justice et de la paix dans le monde… »
Les prestations et comportements de Donald Trump, ce candidat hors norme tout au long de la campagne électorale avait mis sens dessus-dessous l’électorat américain. Avec le parler vrai visiblement choquant pour certains, ses déclarations selon Marie Thibaut de Maisières, éditrice et auteure chez ZebraBook portaient une résonnance ouvertement « raciste et sexiste, sans expérience, pro-armes et anti-avortement, une vulgarité assumée, une attitude de mâle alpha méprisant… » Même après sa victoire inattendue, le nouveau président des Etats-Unis fait encore l’objet de manifestations hostiles qui passent en boucle sur toutes les stations de télévision. On en veut à ce milliardaire devenu le Chef d’Etat de l’un des pays les plus puissants du monde de ne s’être pas plié aux obligations de cette rectitude politique normative qui est le « politiquement correct ». Les américains sont ce qu’ils sont avec cette liberté d’expression si chère aux Pères Fondateurs, ses détracteurs comme ses partisans ne peuvent que vivre désormais une réalité bien en chair et en os avec cet homme qui n’a pas hésité à dire en public que « les Mexicains sont des violeurs" et affirmer des tas d’autres insanités dures à entendre. Tout au long de son évolution la pensée humaine marquée par « la politesse, la correction et le savoir vivre » modelait de la vie en société. Même si plus tard un courant d’idée dominé par le radicalisme et la violence est apparu pour installer le terrorisme verbal, médiatique et aussi sanguinaire, une attitude conformiste véhiculée par l’opinion prend place pour adoucir les dialectiques politiques susceptibles de froisser en évitant « les locutions et mots considérés comme offensants ou péjoratifs. »
Ce qui se passe actuellement dans plusieurs villes aux Etats-Unis à la suite de l’élection de celui qui selon Barak Obama n’était pas digne de siéger à la Maison Blanche, mérite qu’on s’y intéresse. Le plus officiellement du monde lors de la rencontre entre le président sortant et son successeur, à la grande stupéfaction du reste du monde, les tons et les attitudes avaient littéralement changés. Et ce n’était point seulement pour paraître devant les caméras que les deux personnalités ont exhibé un fair-play (de circonstance), mais dicté par les lois de la démocratie tant respectées outre-Atlantique. Ailleurs on se serait encore chamailler au non d’un refus d’accepter le verdict des urnes. Surprenante nation ! Au fait, peut-on accuser Donald Trump de xénophobie lorsque conscient du danger d’un laxisme négligent en matière d’immigration et carence dans la lutte contre l’insécurité, il prend le parti de prendre des mesures (peut-être exagérément nombriliste) ? Avant de répondre à une telle question, prenons la peine de constater ce qui se passe ici, chez nous sous nos yeux, sous le nez et à la barbe d’un Premier ministre à la fois ministre de l’Intérieur ayant la haute sur la délivrance des visas de séjour. L’obtention des documents pour les immigrés sont monnayé purement et simplement, dans la complaisance la plus totale, dans le désordre le plus pernicieux et le plus dangereux à cause de la menace terroriste, alors que les papiers des gens doivent être en ordre.
Et les observateurs de se demander : « Est-il anormal de parler de ces égéries, ces courtisanes trop influentes, des chasseuses de fric qui se jettent dans le premier lit, du moment qu'il y a les milliards de l’octroi des marchés publics à gagner dans le mépris total des lois et de l’orthodoxie financière ? » Il n’agit point ici de donner raison à un Chef d’Etat qui pourra bien encore mettre beaucoup d’eau dans son vin à mesure qu’il se frotte avec les réalités de la conduite des affaires de l’Etat. Mais toujours est-il que tel qu’on le vit à Madagascar, le style du politiquement correct adopté jusqu’à ce jour par la classe dirigeante n’a pas fait le bonheur des administrés. Au lieu de susciter un attrait patriotique et civique aux vraies valeurs du peuple de ce pays, de l’avis des hommes d’Eglise, le régime est montré du doigt. Les évêques refusent d’accepter : « Pourquoi avec autant de richesses, nous n’arrivons à rien ? Pourquoi le peuple ne va-t-il pas dans une dynamique productive ? Il ne s’agit pas d’absence de richesse, de compétence ou d’intellectuels, mais Madagascar manque de personnes sages». Et dire qu’on pille nos richesses et les prédateurs étrangers après avoir ravagé nos terres ne laisse derrière eux que dégradations et destructions de l’environnement. En retour, les finances du Trésor Public, à cause d’un initiateur ripou nommé Marc Ravalomanana, ne gagne qu’une aumône de 1% jamais remise en cause, pendant que lui et ses successeurs se sont arrangés pour empocher des royalties fabuleuses. Il a aussi ces immigrants thaïlandais, shrilanquais et africains qui, sous le couvert de titres ronflants d’investisseurs trafiquent nos pierres précieuses en contrebande alors que nos compatriotes qui triment comme des véritables esclaves peuvent très bien s’en occuper si on les laisse faire. On n’a rien contre les chinois, mais on ne peut que s’en scandaliser quand on voit qu’ils dominent un secteur commercial pour lequel des natifs de cette île peuvent très bien être mieux performant. Malheureusement, quelque part quelqu’un a palpé une somme de 80 milliards de francs ou d’Ariary offerte par des partenaires chinois et tout le monde doit se courber sous le joug de l’envahisseur. Et on n’arrête pas de nous endormir avec des discours soporifiques, rassurants et la langue de bois. Le philosophe Michel Foucault avait pourtant écrit un jour : « une pensée politique ne peut être politiquement correcte que si elle est scientifiquement rigoureuse ».
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